LA SITUATION ÉCONOMIQUE CRÉÉE PAR LE 11 MAI
12 octobre 1924.
fait un sérieux pas de clerc en prenant le pouvoir au
11 mai. Il est en train de se couler proprement. Les gauches croyaient évidemment que nous en étions encore au où un parti chassait l'autre au nom de promesses peu réalisables, casait ses créatures, et s'en tirait ensuite avec quelques discours et quelques manœuvres anticléricales. La France continuait de travailler ; les gouvernements faisaient des folies qui n avaient pas d'effetimmédiat sur le travail. La vie politique était une comédie, qui ne passait dans la salle que dix, quinze, vingt ans plus tard, par le moyen de l'école. Seule, la Défense nationale souffrait Ja ne se voyait pas tout de suite.
D. il apparaît que le Cartel des gauches a
jeu d'avant-guerre,
immédiatement, mais ce Aujourd'hui, ce vieux jeu est impossible. Il y a différentes
choses dont un gouvernement doit absolument s'occuper et
sur lesquelles les discours sont sans effet.
En premier lieu, les finances et la monnaie :
En second lieu, la vie chère.
Finances, monnaie, vie chère, cela exige du travail et des résultats. Le Cartel des gauches donne les résultats exactement contraires à ceux qu il avait annoncés. Ses discours ne rétabliront pas la situation. Il n'a vraiment pas été malin. Il aurait dû laisser le Bloc national au pouvoir pendant quatre ans encore, afin de lui laisser la charge des difficultés à résoudre ; après quoi, il lui aurait été facile de s'installer au pouvoir. [l a voulu aller trop vite. C'est par là qu'il se coulera et que la situation sera déblayée.
Or, en ce qui concerne les Finances et la Monnaie, on ne peut vraiment pas dire que la situation soit brillante. Nous entrions dans la catastrophe au commencement de l'année, avec ce lamentable M. de Lasteyrie. M. Raymond Poincaré avait fait le redressement, trop tard, mais il l'avait fait. Il est tombé pour avoir créé le double-décime : mais il a légué à ses successeurs des moyens dont ceux-ci pouvaient profiter et profitent. Là-dessus, le Cartel se trouve dans l'obligation de faire un budget.
Avec les moyens existants dans la première semaine de mai, l'équilibre budgétaire devenait possible. Le Cartel compromit tout par le seul fait de son arrivée au pouvoir : il est obligé de renoncer aux compressions des dépenses ; 1l est obligé de conserver les ruineuses exploitations industrielles de l'État. Du coup, 1] nous annonce un budget qui dépasse les 30 milliards. 11 proclame que son budget est en équilibre. Cela c'est pour le public ; mais il ne cache pas à ses conseil lers privés que cet équilibre n’existe qu'en chiffres, et que son inquiétude est grande.
Et, à peine a-t-il affirmé qu il a dressé un budget équilibré, que les réclamations de ses fonctionnaires détruisent tous ses calculs. Car il s’est produit ce qui devait se produire : les