INTRODUCTION XLI
l'auteur du présent travail par toutes les classes de l'Institut, afin de donner à la doctrine et à la pratique du franc-or le plus grand essor et il aurait dû conseiller aux corporations d'organiser le dédoublement des prix ; sur ce point, l'État libéral a été plus bête que nature ; il a eu peur du franc-or comme d’une machine de guerre dressée contre son âme et sa substance. L'État n’a pas encore compris que le franc-or monnaie de compte est le moyen qui permet le passage du régime de la monnaie malsaine au régime de la monnaie saine, c'est-à-dire du franc-or effectif.
Lorsque la dette est consolidée en or, lorsque, par la pratique du franc-or monnaie de compte, les contrats à long terme sont établis en monnaie stable, les prix dédoublés, les traitements et salaires chiffrés sur des bases or, les droits de douane, les impôts chiffrés en francs-or, la réforme monétaire totale peut être faite sans provoquer la secousse terrible qu'elle provoquerait dans la situation où nous sommes. Le papier serait retiré de la circulation sans secousse ; on verrait apparaître le billet-or, puis la pièce d'or elle-même.
Naturellement, on verrait se produire la grande crise économique d'ajustement général des prix, et l'on verrait tomber certaines entreprises marquées par la mort et qui prolongent artificiellement leur vie misérable sous le régime du francpapier. Ceci est parfaitement prévu, c'est la crise de guérison, au cours de laquelle le malade fait peau neuve.
E. — Les conditions de la réussite.
Le problème financier et monétaire est techniquement d’une belle simplicité. Si les démocrates le présentent comme prodigieusement difhcile, c'est afin de faire croire à des difficultés techniques ( qui dépassent les hommes »,
afin de masquer que la première des conditions de la réussite est l'abandon des méthodes de la démocratie parlementaire.
Ce qui vient d'être exposé pourrait, en somme, être réalisé par un bon expert comptable, maïs qui aurait au préalable reçu l'assurance :
19 Que ses prévisions budgétaires ne seront, en aucun Cas, détruites par les décisions d'un comité de Parti :
2° Que ses fonctions dureront le temps nécessaire à l'accomplissement intégral de la tâche entreprise.
Ces assurances, qui sont les conditions essentielles de la réussite, sont précisément celles que le Parlement se refuse absolument à donner. Il faut encore répéter que l'existence du Parlement rend absolument impossible les opérations du redressement financier de l'État français.
Enfin, il y a une autre condition de la réussite, dont il a été peu question en termes clairs au cours de cette étude, mais qui est incluse dans tout ce qui est exposé ici. Elle est dans la substance de chaque mot, elle est la clé de voûte de toute la construction.
Tout ce qui vient d'être exposé suppose, dans la tête et le cœur de l'État, l'esprit de la victoire. Il y a une politique financière de la victoire, comme il y a une politique financière de la défaite. Le vieillard ne conçoit pas ses finances comme l'homme de vingt-cinq ans. L'homme qui se croit fini ne conçoit pas ses finances comme celui qui s'élance à la conquête de l'avenir. Le vieillard et l'homme fini liquident leur avoir
matériel pour payer leurs dettes. Le jeune homme et l'homme qui organise le futur font traite sur l'avenir, donnent leur signature en lettres de sang, combattent, et voici que s'élève le chant des vainqueurs.
À ce chant, les maisons s'élèvent, les machines tournent,
des échanges s'accélèrent. Ce sont les valeurs-or qui vien-