INTRODUCTION XXXIX
dollar à 20 fr. 65), sera invité à consolider son titre en or 3%, et il recevra untitre-or équivalent à son nominal-papier, c'està-dire un titre de 100 francs-or. Son capital est augmenté de 70 %, mais son revenu est diminué de 50 °, puisqu il reçoit 3 francs-or au lieu de 6 francs-or.
L'opération étant faite librement, tous les Français pour qui la valeur nominale des titres compte plus que la rente annuelle, et ils sont légion, acceptent ce mode de consolidation et de conversion. Il faut faire observer ici, qu'une très Ù grosse part des titres à transformer ainsi se trouvent entre les mains de Français pour qui le nominal est plus important que la rente (paysans, petits commerçants, ouvriers qualifiés, sociétés anonymes obligées de souscrire).
Quels seront les Français qui se tiendront éloignés de l'opération? Ceux pour qui la rente compte plus que le capital, et dont le portefeuille contient une forte part de rentes sur l'État. Mais ces rentiers peuvent être divisés en deux caté: gories :
a) Les épargnants, qui sont de petits rentiers, qui ne peuvent réduire leurs rentes sans de grosses privations, les plaçant dans une situation voisine de la misère ;
b) Les gros créanciers de l'État.
Il faut prévoir deux traitements très différents pour ces deux catégories :
Pour la première, un régime spécial pour les petits épargnants à qui l'État doit remettre un titre-or leur permettant de finir leurs jours en paix.
Pour la seconde, un régime spécial également, mais qui comportera de la part des porteurs des sacrifices importants. A ce moment on peut fort bien imaginer que la masse réduite des titres pourrait être répartie, selon les règles de l'équité, entre des institutions, les régions, les corporations, et même des familles particulièrement riches, afin de permettre la
transformation en or de ce résidu de titres-papier. Un État puissant pourra susciter ici une patriotique émulation entre ceux à qui il demandera un sacrifice, émulation qui sera d'autant plus grande que chacun comprendra mieux que l'État, en cas d'échec, serait disposé à employer une certaine contrainte.
Ceci fait, la dette totale est consolidée et réduite à la satisfaction générale. La conversion, la consolidation se sont faites par la voie de l'emprunt-or libre, ce qui est capital. Les charges annuelles de l'Etat ont été réduites sans faillite. La conséquence est que la vie baisse de prix. Les arrérages, réduits de 40 %, sont extraits du prix des choses où ils étaient incorporés jusque-là. L'emprunt-or devient le mètre selon lequel toute la réforme monétaire va être définitivement faite.
D. — La réforme monétaire.
Les mesures qui viennent d'être esquissées (et qui ne sont données qu'à titre d'exemple) supposent une autre mesure qui leur est antérieure ou du moins contemporaine.
En vue de toutes les réformes budgétaires, fiscales, rentières,etc., qui entreront dans le plan général d'assainissement, le premier soin de l'État doit être de faire adopter la pratique du franc-or monnaie de compte par les particuliers, et de fournir lui-même une doctrine du franc-or. En effet, quelle que soit la réforme générale que l'Etat entreprenne, déflation rapide ou lente, ou le système qui vient d'être exposé, ou même l'inflation, il faut, pour-le succès de la réforme, que les pnx en francs-papier puissent être débloqués dans un sens ou dans l’autre. Si les prix sont bloqués, toute réforme devient extrêmement difhcile. s
L'État libéral a eu jusqu'ici la terreur du franc-or; S il
avait eu deux sous d'imagination, il aurait fait couronner