‹ L'état, les finances et la monnaieChapitre 237 sur 309 · LES CONDITIONS DU SALUT · texte numérisé non relu

LES CONDITIONS DU SALUT

La première des conditions, c'est l'esprit de la victoire. Quiconque sait que la France le possède est en mesure de mesurer l'étendue de l'effort, du sacrifice que l'on peut

demander à la nation, parce qu'il sait que, en quelques années, tout sera réparé.

La seconde, c'est que l'Etat soit totalement délivré de la servitude des assemblées parlementaires. Il n'y a aucun moyen de sortir des difficultés présentes avec un Parlement. On peut le conserver, comme souvenir de l'ancien régime, à condition de le transformer en organe d'enregistrement. Mais attendre d'un Parlement, rouge, bleu, tricolore ou blanc, qu'il prenne la responsabilité des mesures nécessaires ou qu'il appuie l’homme de gouvernement qui les lui proposerait, c'est vouer le pays aux banqueroutes successives. Tant que l’on n'aura pas résolu ce problème, rien ne sera résolu.

Le raisonnement l'indique ; l'expérience le confirme. Dix nations d'Europe ont connu les difficultés que nous connaissons. Aucune n'en est sortie par les moyens parlementaires. L'Italie a fait le fascisme ; l'Allemagne a sa dictature militaire et le gouvernement de ses magnats sous l'appareil parlementaire ; la Pologne a donné pleins pouvoirs à son réformateur financier : l'Autriche a reçu un dictateur des mains démocratiques de la Société des Nations.

Il nous faut encore répéter ce qui a été imprimé cent fois dans l'Action Française : I] n'y a pas de solution technique à la crise financière que six gouvernements n'ont pu résoudre. Il y a d'abord une solution politique, qui consiste à donner un chef à la France. Le reste nous sera donné par surcroît. À condition que ce chef ait l'esprit de la victoire, qu'il mette à la retraite les générations de la défaite et qu'il associe à son œuvre les générations de la victoire, en première ligne les combattants qui ont dans le sang la connaissance des moyens de la grandeur nationale.

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