‹ L'état, les finances et la monnaieChapitre 249 sur 309 · M. DE MONZIE ET L IMPOT SUR LE CAPITAL · texte numérisé non relu

M. DE MONZIE ET L IMPOT SUR LE CAPITAL

Que l'on mette M. Clémentel à la place de M. de Lasteyre, M. de Monzie à la place de M. Clémentel, M. Doumer àäla place de M. de Monzie, et nos amis à la place de tous es messieurs, si l'on demeure dans le régime parlementaire il n'y a absolument rien à faire. C'est le parlementarisme quitst cause de tout le mal.

M. de Monzie est un homme d'une intelligence infinimat

plus pénétrante que ses prédécesseurs, dont l'esprit est beaucoup plus fertile que celui du morne comte de Lasteyrie, dont la politique est beaucoup plus souple et enveloppante que celle de la plupart des ministres qui ont figuré depuis la guerre. Son information est étendue ; il sait, en matière de finances, beaucoup de choses que M. Clémentel paraissait ignorer : il ne sait pas ce que c'est que l'entêtement et il est capable, par son caractère et sa volonté, de redressements qui surprennent les personnes dont l'esprit est un peu lent. Il a enfin beaucoup de liberté d'esprit. Bref, un ensemble de qualités qui seraient de la plus haute utilité dans la crise où nous sommes, mais dans d'autres conditions politiques que celles où il est placé.

Que voulez-vous qu'il fasse avec le Parlement? S'il fait le nécessaire et, en premier lieu, la réduction des dépenses, 1l aura tout le Parlement contre lui. Aussi bien, propose-t-il, dès son arrivée, un programme tout différent : conformément à la tradition parlementaire, il demande l'augmentation des recettes. Et le voilà qui sort le prélèvement sur le capital. Comme entrée de jeu, c'est le bon moyen de perdre la partie.

Nous avons démontré que le prélèvement sur le capital est une absurdité et une impossibilité. Un Etat ne peut faire de prélèvements, pour assurer sa vie, que sur le revenu annuel de la nation. Nous avons montré que le problème financier qui est posé à l'État est un problème de charges annuelles et non un problème de capital ; que la solution du problème doit être cherchée dans une réduction des charges annuelles de l'Etat et non dans une augmentation de ses ressources. M. de Monzie paraît s'engager, ou accepter de s'en-

gager, dans la deuxième solution. Il peut être assuré de

l'échec s'il demeure dans cette Voie.

[1 faut observer tout de suite que M. de Monzie veut faire,

sous le nom de prélèvement sur le capital, un impôt nouveau sur le revenu. On annonce, en effet, un prélèvement de 10 0/0 sur le capital qui serait payable en dix ans. Ce n’est rien d'autre qu'un impôt complémentaire qui sera fourni par le revenu et dont l'importance, pour chacun, sera proportionnelle au capital possédé. Nous en ferons la critique lorsque nous aurons le texte du gouvernement.

Mais disons tout de suite qu'un tel impôt :

1° Provoquerait, dès son application, une augmentation sérieuse du prix de la vie, car il sera incorporé au prix des choses comme tous les autres impôts S

2° Serait d'une application extrêmement difficile et ne pourrait rendre de services à l'État avant plusieurs mois.

Ce n'est donc pas une solution, puisque l'État a absolument besoin de solutions immédiates.

Page 1