‹ L'état, les finances et la monnaieChapitre 252 sur 309 · Voir l'appendice à la fin du chapitre · texte numérisé non relu

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de la manière la plus grossière, et il n’a absolument rien fait pour sortir de la difficulté où il était. Il s'est laissé acculer stupidement à l'inflation ouverte.

Une seule chose pourrait désormais sauver le franc : un redressement financier d'une extraordinaire vigueur, qui serait l'équivalent des décrets-lois et du double décime de mars 1924. Mais comment l'opération peut-elle être faite par un gouvernement qui s'est fait élire sur la promesse d'annuler le double décime et qui, depuis son arrivée au pouvoir, s’est montré le plus grand gaspilleur?

Le franc baissait depuis plusieurs mois parce que, à l'étranger, on était parfaitement au courant des irrégularités commises au bénéfice du Trésor. Il ne se tient plus aujourd'hui qu'à cause du dépôt des projets Monzie. L'étranger admet encore que la situation financière pourra être rétablie si l'Etat se montre capable d'obtenir des Français les sacrifices demandés par le ministre des Finances. Le jour où 1l pensera que l'Etat est incapable d'obtenir ces sacrifices, le franc s'eflondrera.

Or, présentement, les indications qui viennent du Parlement annoncent l'impuissance parlementaire. La Chambre et le Sénat se cabrent devant les projets Monzie, non pas au nom de l'intérêt général, mais à cause des électeurs. On organise une discussion qui retardera de trois mois toute décision. Six ou huit contre-projets sont déjà déposés. Dans ces conditions, une loi qui aurait dû être votée en huit Jours, pour être efficace, ne le sera que dans deux ou trois mois, ou pas du tout. Si elle vient, elle viendra trop tard. L inflation sera tout à faitdéclenchee,et rien.nepourra plus l’ar-

rêter.

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