L'OPÉRATION CHIRURGICALE
Joseph Caillaux est resté muet sur ses intentions. Mais ses amis parlent un peu. De ce qui se dit ou s'imprime, il résulte qu'il cherche les moyens de faire faillite sans que cela soit très voyant. Ce n'est pas nous qui le disons. C'est encore M. Jèze qui donne, à son article cité plus haut, la conclusion
que voici :
chirurgicale, le directeur de ce
Dans son étude sur l'opération LÀ bien posé la question. Il a mis
journal, M. Ernest Vincent, a très en présence les deux thèses :
19 La thèse des « théoriciens radicaux et socialistes », qui € critiquent avec véhémence tout projet de rétablissement de nos finances qui se ferait seulement aux dépens des créanciers de l'Etat et non aux dépens de tous les Français par le moyen de l'impôt sur le capital » :
2° La thèse du rétablissement aux dépens des créanciers, ce qui s'appelle la banqueroute : c'est le procédé traditionnel. Je pense, écrivait Adam Smith, à la fin du xvili® siècle, je pense qu'on aurait de la peine à trouver un seul exemple qu'une nation ait jamais payé loyalement et complètement ses dettes, lorsqu'elles ont été accumulées jusqu'à un certain point. » Îl constatait que toujours l'Etat s'était libéré « par une banqueroute quelquefois déclarée, mais souvent colorée par un prétendu paiement ».
Telle est bien l'alternative. Le gouvernement ne s’est pas prononcé sur le choix qu'il a fait. M. Caillaux n'a pas dit un mot dans un sens ou dans l’autre. Toutefois, dans le projet rappelé plus haut, ses préférences semblaient pour la deuxième thèse.
La question est maintenant posée. Elle ne peut tarder à être résolue.
En d’autres termes, M. Jèze indique, avec prudence, que les préférences de Joseph Caillaux semblent pour la banqueroute aux dépens des créanciers de l'Etat. C'était bien, en effet, ce qui apparaissait dans le projet concernant la transformation des bons. Mais, ce projet ayant été repoussé, dès qu'il a été connu par une partie du Cartel, il faut que Caïllaux trouve autre chose.