‹ L'état, les finances et la monnaieChapitre 3 sur 309 · L'ESPRIT DE LA VICTOIRE ET LA RESTAURATION DES FINANCES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

L'ESPRIT DE LA VICTOIRE ET LA RESTAURATION DES FINANCES FRANÇAISES

À JACQUES ARTHUYS,

combattant, j

premièrement avec les hussards et les aviateurs

de 1914 à 1918, deuxièmement avec les défenseurs de la monnaie saine de 1920 à 1925, troisièmement avec les fils de la Louve contre les gens de la Horde, en souvenir du beau matin du 26 février 1916 devant Douaumont, des journées de Ja Semaine de la Monnaie

et de la fondation du Nouveau Siècle.

Affectueusement,

son ami,

UE j écrive votre nom en tête de cette préface, mon cher ami, l'amitié me le conseille, mais la vérité le demande et la justice l'exige, car s'il y a une justice

qui se trouve d'accord avec la vérité historique, il sera inscrit, dans les annales de la patrie, que nous avons été, vous et moi, les premiers artisans du retour à la monnaie saine.

Il est bon que cela soit marqué ici, car, dans ce temps où l'esprit de parti est si fréquemment opposé à la vérité et à la justice, il se pourrait que l’on oubliât nos communs services. C'est à l'occasion de notre commune recherche de la monnaie saine que nous avons fondé notre amitié, mais c'est à cette même occasion que nous avons fait naître et s'exercer contre nous de vives inimitiés, qui demeurent vigilantes et agissantes.

Si nous ne sommes plus seuls à connaître et à dire la vérité monétaire, nous sommes encore à peu près les seuls osant dire le vrai sur les effets de l'altération des monnaies, et, en particulier, que des fortunes énormes sont fondées sur cette altération. Ce sont là des choses que les académiciens eux-mêmes publient lorsqu'ils étudient l'altération des monnaies au moyen âge; mais lorsqu il s’agit de notre temps, la chose s'énonce en termes abstraits, et le moins souvent possible. Nous apportons là-dessus des informations précises, et c'est pourquoi, cher ami, il y a quelques personnes qui ne conseillent pas aux citoyens français de s'instruire sur ce point par la lecture des mémoires que nous avons rédigés.

Dans l'ordre monétaire, chaque fois que, dans l’histoire, il y a eu quelque trouble, 1] y a eu de gros intérêts ligués contre la vérité. Mais 1l faut dire qu'il y a eu également autre chose

x L ÉTAT, LES FINANCES ET LA MONNAIE

que l'on ne voit pas du premier coup, et qui donne une sorte de terreur aux citoyens.

Rien n'est plus simple que le problème monétaire, nous disions-nous l'un à l'autre à notre première rencontre : une monnaie est un poids de métal : le souverain ne fait qu'y apposer son sceau pour en garantir le poids et le titre, mais poids et titre ne dépendent pas de lui ; poids et titre sont le bien des usagers de la monnaie. Tout est dit lorsque ces vérités sont énoncées.

Comme cela est simple et clair ! Pourquoi faut-il écrire des livres pour expliquer en deux ou trois cents pages ce qui tient en quelques lignes? Pourquoi faut-il faire campagne pendant des années pour faire accepter une vérité aussi simple ? Voilà qui nous mettait dans le plus grand étonnement ce Jour de l'hiver de 192] où nous échangeâmes pour la preimière fois Les résultats de nos découvertes.

Il y avait déjà près d’un an que je faisais campagne dans l'Action Française, presque sans écho, et je venais de mettre en librairie ce petit livre, La Monnaie saine tuera la vte chere, qui faisait son chemin sans bruit. Vous veniez d'écrire votre Problème monétaire, dont un éditeur venait de vous dire (le malheureux !) que ce n'était pas d'actualité ! Chacun de notre côté, nous en étions à nous demander si nous possédions toute notre raison.

Enfin, nous nous rencontrons : nous nous tenons pour frères. Mais quoi, ne sommes-nous que deux? Il paraït. Nous découvrimes peu après un troisième personnage, E. Peschier, avec qui nous entrâmes en amitié. Mais on ne dit pas que nous avons découvert l'Amérique? Nullement : on regarde avec inquiétude tout homme qui parle de la monnaie. Nous éclations de rire en constatant que nous étions deux à posséder un secret formidable qui aurait dû être celui de Polichinelle. Mais enfin, nous pensions que, une fois ce

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