UNE SEMAINE D INTÉRÊT NATIONAL
encore en prévoir les résultats. Toutefois, il en est un, capital; qui paraît acquis. Nous avons été en mesure de lier les efforts des associations pour soutenir l’action des hommes qui, comme M. François-Marsal, et M. Jules Décamps, le directeur des Études économiques de la Banque de France, se sont opposés à l'inflation fiduciaire. Nous pouvons dire que si, demain, il se trouvait un gouvernement pour essayer de fabriquer de nouveau de la fausse monnaie, et ruiner l'épargne et le travail au profit de quelques écumeurs de finance, il trouvera devant lui, pour soutenir la Banque de France, isolée naguère, une coalition de producteurs organisés, décidés à employer tous les moyens pour empêcher cette escroquerie. Ce n'est pas un mince résultat.
Il y en aura d'autres. Vous savez que, si l'inflation est le pire des maux, la déflation est un remède que le malade supporte difficilement. La Semaine de la Monnaie recherchera les moyens de limiter les effets de la longue crise où nous sommes entrés. Elle a préparé quelques solutions, qui doivent mettre le travail à l'abri des écumeurs qui, ayant fait une fortune scandaleuse pendant l'inflation, voudraient la consolider ou l’accroiître pendant la déflation. Au cours des séances de la Semaine, nous travaillerons à faire adopter les résolutions nécessaires. Nous n'avons pas encore la certitude d'obtenir cette fois une solution parfaitement satisfaisante : mais, au moins, la question sera posée, l'opinion sera éclairée, et l'on hâtera l'application des mesures utiles.
Mais vous savez que le problème monétaire est lié au problème financier, et celui-ci à la gestion de l'État. Pour la première fois, la question va être posée devant une assemblée de producteurs, c'est-à-dire devant ceux qui fournissent toutes ses ressources à l'État. Et, en même temps, va se trouver posée la question des réparations dues par la République impériale allemande. L'assemblée aura donc à se
168 LES INTRIGUES INFLATIONNISTES (1921-1922)
prononcer sur les deux plus graves problèmes de notre temps. Et, sur ces deux problèmes, le gouvernement entendra, non plus les discours des parlementaires, mais la parole de ceux qui travaillent, qui produisent, et qui souffrent aujourd'hui, parce que l'État est mal géré et parce que l'État a été jusqu'ici impuissant à faire payer une Allemagne qui est la cause de tous les troubles économiques que nous subissons. Vous voyez toute l'importance des débats qui vont être institués à la Semaine de la Monnaie, et dont vous connaîtrez les conclusions par le discours que prononcera à la clôture samedi M. François-Marsal devant le ministre des Finances.