INTRODUCTION XV
des phénomènes vingt fois observés dans l’histoire et sur lesquels les manuels donnaient des informations exactes et des explications fondées. |
On ne se rendait pas compte que l'émission des billets de | banque pour les besoins de l'État était essentiellement la | même opération que l'affaiblissement des monnaies .par diminution, faite par le souverain, du poids de métal contenu dans chaque pièce de monnaie. |
Il a fallu plusieurs années pour que les vérités monétaires, | en somme aussi vieilles que la monnaie, fussent de nouveau retrouvées et reconnues :
De 1919 à 1920, on a fait accepter le B-A, BA :
IL. — Üne monnaie est un poids de métal, et constitue par elle même une marchandise échangeable contre une autre marchandise.
II. — Le sceau du souverain, qu’elle reçoit, en garantit le poids et le titre.
III. — Le billet de banque sain ne peut être que le tenant lieu d'une monnaie déposée en banque ou d'une marchandise qui en est la garantie et dont la mise en circulation est constatée par la Banque.
C'est dans cette période que l’afhrmation de la vérité paraît le plus difficile. On peut compter sur les doigts d'une main les hommes exposant leur réputation dans ce travail d'afhrmation : avec Jacques Arthuys et Eugène Peschier, 1l nous faut vaincre l'hostilité d'hommes qui sont portés à regarder comme opposée au crédit public la notion du franc-or qui fait apparaître la dépréciation du franc-papier.
A la fin de 1920, les premiers combattants reçoivent un gros renfort : c'est une personne, M. Georges Bonnet, auditeur au Conseil d'État, délégué de la France à la Conférence postale universelle de Madrid, qui fait adopter le franc-or comme monnaie de compte pour le règlement des soldes
postaux internationaux. C'est un acte d'une importance considérable, enregistré dans un protocole qui est un chefd'œuvre de clarté, et auquel on s'est référé sans cesse depuis. Ce fut la première pierre de la reconstruction monétaire, sur laquelle demeure gravé le nom de Georges Bonnet, malgré son radicalisme et ses états de service auprès de PP. Painlevé. Disons que l'on peut lire sur la même pierre le nom de M. F. François-Marsal, alors ministre des Finances, et qui avait donné son appui entier à M. Georges Bonnet.
De 1921 à 1922, on commence la vulgarisation des vérités
retrouvées en 1919 et 1920.
En 1922, on les transforme en vérités officielles par leur proclamation à la Semaine de la Monnaie, où personne n'ose les contester. Elles sont alors ouvertement introduites dans le monde par M. François-Marsal, par M. Raphaël-Georges Lévy, M. Jules Décamps, M. Lucien Romier, et les professeurs de la Faculté de Droit de Paris, comme MM. Germain Martin, Gaston Jèze, Charles Rist, Achille Mestre, les reconnaissent comme parfaitement fondées scientifiquement.
L'année 1922 peut être considérée comme la consécration de la vérité n° [IV :
IV. — Tout billet de banque sortant de l'institut d'émission par une autre voie que l'échange contre les espèces ou lingots, l'escompte des effets de commerce est un billet malsain.
Lasortie des billets de banque pour les besoins de l'État, sans autre contre-partie que le crédit de l'État, constitue ce que l'on nomme aujourd hui l'inflation et constitue la plus grave des maladies monétaires.
L'inflation, selon la définition de M. François-Marsal, est la forme moderne de l'altération des monnaïes.
La vérité n° V n'apparaît que de 1922 à 1924, et il nous faut avouer que nous avons mis quelque temps à la découvrir.
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