‹ L'état, les finances et la monnaieChapitre 8 sur 309 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

M. de Lasteyrie était au pouvoir, et le franc baissait. Les amis du ministre accusaient la spéculation. C'était pathétique mais faux. À la fin de 1923, on avait dégagé et fait reconnaître la vérité n° V :

V. — Le franc, devenu franc papier, monte ou baisse, s'apprécie ou se déprécie, dans la proportion où s'abaissent ou s'élèvent le compte nommé « Avances de la Banque à l'État », c'est-à-dire le montant total des billets de banque émis pour les besoins de l'État.

Vérité qu'il fallut compléter, à la fin de 1923, par la vérité n° VI, qui fut découverte à la faveur des mouvements désordonnés du franc à la fin de 1923, sans inflation :

VI. — Le franc-papier est à la fois monnaie et titre de crédit car il est pour partie créance sur l'État. Sa valeur totale, en or, doit donc varier selon les variations du crédit de l'État, en dehors de toute inflation. La solution du problème monétaire est donc un problème d'État.

Enfin, c'est en 1924 seulement que l'on fait reconnaître la vérité n° VII, que le pauvre M. de Lasteyrie aurait voulu étrangler dès sa naissance :

VII. — Le franc-papier, valeur instable, ne fait plus office de monnaie de réglement ni de monnaie de compte. Il en résulte les plus graves difficultés pour toute la nation. Mais, à travers le franc-papier, l'or demeure étalon : il y a lieu de le reconnaitre en donnant rang de monnaie de compte au franc-or, ce qui falicitera et hâtera le retour à la monnaie saine.

En 1925, ces sept vérités jouissent d'une considération universelle. Mais ce n’est pas sans luttes que l'on a organisé le respect autour d'elles : la recherche de la vérité s’est faite en plein drame monétaire.

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