CHAPITRE III
LES PRODUCTEURS ONT-ILS LES MOYENS DE S'OPPOSER A UNE NOUVELLE INFLATION?
11 septembre 1922.
inflation pure et simple?
Il ne faut pas hésiter à dire : Oui.
Signes précurseurs de l'inflation : le mouvement des avances à l'État. Rappelons très brièvement comment les avances à l'État constituent l'inflation proprement dite :
Pour que la circulation monétaire soit saine, les billets ne doivent sortir de la Banque que par trois voies :
a) En contre-partie des effets à trois signatures escomptés par la Banque ; donc en représentation de marchandises mises en circulation ;
b) En contre-partie de remise de titres parfaitement sains ; donc en représentation de stocks de marchandises, de constructions industrielles appartenant à des entreprises saines ;
c) En contre-partie de monnaies métalliques ou de lingots apportés à la Banque par les particuliers.
file d'abord, sommes-nous menacés d’une nouvelle
En résumé, des billets sains représentent des marchandises en circulation, qui ont déjà fait l'objet d'une vente, ou des installations produisant des marchandises qui seront certainement vendues, ou enfin de la marchandise-métal.
Si l’on fait sortir des billets par le moyen des avances à
l'État, ces billets ne sont garantis que par les recettes de l'État, c'est-à-dire par les impôts (remise de marchandises à l'État). Si l'État est déficitaire, les avances qui lui sont faites n'ont plus de garanties ; la créance de l'État qu'elles reprtsentent est donc égale à zéro. C'est l'inflation et l'instabilité monétaire. Le billet de banque devient pour partie un titre de crédit dont la valeur peut être influencée par toute modification dans les jugements portés sur le crédit de l'État luimême.
Le mouvement des avances s'était arrêté en 1920, grâce aux efforts associés de M. François-Marsal et de la Banque. Depuis, le chiffre total des avances avait diminué, grâce au jeu du compte d'amortissement qui fonctionne à la Banque au profit de l'État. Les avances étaient tombées de 26 à 22 milliards.
Or, depuis mars, le jeu des avances a recommencé, ce qui révèle la gêne périodique de la Trésorerie française.
En voici le tableau, de juin à fin août, en regard duquel j'indique le cours du dollar :
Dollars
Aventlalhtnide) tin 23.000.000.000 10.80 Ébullet Re NN NE om te 23.700.000.000 12.69
ETES RME ER EME 23.500.000.000 12.12 DOM jui Le Re Re RE Ne 23.500.000.000 11.85 DÉBOÛES RENE? UN PEN ER EMEA ETS EE 23.600.000.000 12.19
TOO O ER er Re PR EN AR ES 23.500.000.000 12.41 PVR EP EC PO ele 23.500.000.000 12.55 A ia neo rte D CRETE 23.300.000.000 12.71
Set 50 sronstorgtaro oetoreoiaralelote 23.900.000.000 13.13
Ce qui peut être ainsi résumé : depuis la fin de juin, il y a eu une nouvelle inflation moyenne d'un demi-milliard, et l'on approche, fin août, du milliard.
Conséquences : ce que l'on appelle (la tension des changes », élévation des prix de gros ; pour tout importateur de matières à l'étranger, perte moyenne de 20 % de son pouvoir d'achat. Il y a liaison directe entre le mouvement des avances de la Banque à l'État et les mouvements des changes, raison pour laquelle toute nouvelle avance à l'État devrait être absolument interdite.
Nous sommes sortis, provisoirement, pas encore dangereusement, de ce mouvement d'assainissement où nous étions entrés et par lequel le franc s’améliorait progressivement et lentement, pour le plus grand bien des producteurs. Cause, cause unique : les nouvelles avances de la Banque à l'État.
Je sais bien que quelques personnes bien intentionnées ont nié cet effet des avances. Cela nous rappelait cette thèse singulière que quelques cambistes proposaient à la Semaine de la Monnaie : à savoir que l'inflation n'était pas la cause de la dépréciation monétaire ; l'assemblée repoussa cette thèse à l'unanimité, et fit bien : c'était l'étouffement de la vérité que l’on proposait. Les cambistes ne tiennent peutêtre pas beaucoup à ce que le public connaisse le secret de leur profession. Mais les producteurs ont le plus grand intérêt à le connaître.