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CHAPITRE IV

« l'inflation, c'est la forme moderne de l'altération de la monnaie du fait du prince. »

(Rapport général de M. Françors-MARsAL), ancien ministre, à la Semaine dela Monnaie.

18 septembre 1922.

UPPOSONS donc que, malgré tous nos efforts, le gou- S vernement se laisse acculer à l'inflation et la pratique.

Notre devoir, comme notre nécessité, c'est alors de le traiter en faux monnayeur. Le gouvernement nous a placés dans la fiction légale du cours forcé : nous sommes contraints par la loi, et les sanctions sont sévères, de reconnaître qu'un beau louis d'or ne vaut pas plus qu'un vilain billet de vingt francs. Pendant la dernière inflation, nous sommes sortis de la fiction en haussant les prix proportionnellement à la dépréciation monétaire, sans même savoir exactement ce que nous faisions. La nécessité nous y contraignait.

Mais, cette fois, maintenant qu'un très grand nombre de Français savent bien ce que c’est que l'inflation, 1l nous faudrait résolument nous organiser pour faire sauter la fiction du cours forcé, au moins entre producteurs.

Le moyen pratique, c'est de décider l'emploi, entre producteurs, d'une monnaie de compte stable, c'est-à-dire rapportée à l'étalon d'or, les règlements se faisant en monnaie de papier. C'est exactement ce qu'ont fait un certain nombre d'industriels de pays à monnaie tout à fait avariée, et qui traitent entre eux en dollars, en livres sterling ou en francs suisses. Généralisez cette pratique, avec le concours des syndicats de producteurs, et l'inflation sera sans effet sur vos affaires. Mais il nous faut exposer la technique de l'opération.

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