IL NOUS FAUT UNE MONNAIE SAINE POUR AVOIR UN ÉTAT SAIN
Il faut, à tout prix, empêcher l'État français de fabriquer de la fausse monnaie. C'est le plus grand service qu'on puisse lui rendre, car c'est l'obliger à ne plus vivre dans l'illusion et à travailler de son métier.
Rendons-nous bien compte que si nous avons déjà eu de la fausse monnaie, si nous sommes encore menacés d'en avoir, c'est parce que l'État français a eu de mauvaises finances, et qu'il en a aujourd'hui de détestables. S'il a de mauvaises
finances, c'est parce qu'il a eu une mauvaise politique.
Nationale, éditeurs), quatre rapports sur la question : DELAvELLE, Contrats et comptabilité en francs-or ; — PESCHIER, Pour des bilans sincères parane mesure de valeur stable ; — VaLors, L'emploi du franc-or ; — M. pe Roux, Validité des clauses de paiement en francs-or. (Ces deux derniers rapports sont reproduits dans le présent volume : v. chap. VIII ci-dessus et appendice). — Voir également: Arthuys, le Problème monétaire : — Delavelle, Précis de complabilité en francs-or (Ces deux derniers ouvrages à la Nouvelle Librairie Nationale.)
En le privant du moyen de l'inflation, qui ne servirait qu'à masquer pendant quelque temps encore la situation (en l'aggravant, au surplus), nous l'obligerons à chercher les moyens de faire de bonnes finances, et nous l'obligerons par là à faire une bonne politique.
J'entends bien que l'on me dit que, bientôt, 1l n'aura plus d'autre solution que l'inflation. S'il en est là, c'est parce qu'il n'a pas fait son métier, c'est parce qu'il n'a pas su faire la paix, parce qu'il n’a pas su réduire ses charges, parce qu'il a fait des emprunts à des conditions ruineuses, parce qu'il n'a pas su collaborer avec les producteurs pour la renaissance économique.
Aujourd'hui, il faut qu'il avoue la situation, et qu'il prenne les mesures indispensables pour surmonter des difficultés qui ne sont nullement insurmontables.
Nous n’admettrons pas la tricherie.
Nous ne laisserons pas masquer l'impuissance et la faillite par le désordre monétaire et financier.
Nous voulons un État qui fasse son métier d'État, et qui ne se fasse pas faux monnayeur pour entretenir les clans et les partis.