Cf. P. Uicher, op. cit , p
^Oi ACCIDENTS MtNTAl \ DES HYSTl.RK^JlES
au moyen de bandes de sparadrap. L'efTet moral lut aussi grand que lellet physi(|ue ; plusieurs fois quand le pansement s'était détaché à l'insu du malade, l'œil restait ouvert, tandis que, après renlèveraent voulu du s|)aradrap, le s|)asme se rétablissait immédiatement'. »
3" Mais le plus souvent, lidée est subsconseiente et le sujet est tout étonné de cet entêtement de ses membres. 11 l'nut alors tâcher de pénétrer dans la connaissance de ces phénomènes psychologiques ignorés par le malade lui-même. Dans les rêves ^, dans les attaques, dans les somnambulismes, on retrouve la terreur initiale, la répétition du même accident, la même attitude du membre. Alz. a été blessé à l'épaule gauche par la chute d'un ascenseur et il a le bras paralysé ; mais il a en outre des attaques terribles dans lesquelles il maintient son bras gauche appuyé contre le sol, tandis qu'il se défend du bras droit el lance des yeux terrifiés du côté gauche, il garde evactement l'attitude dans laquelle on l'a ramassé après sa chute. Pasq. a présenté pour la première fois du mutisme hvstérique à la suite d'une scène de ménage avec sa femme; son mutisme est intermittent, se prolonge pendant quelques jours, puis disparaît; mais, pendant les périodes de mutisme, il est sombre et pleure, il a sans cesse devant les yeux l'image de sa femme et ressent la môme émotion, ainsi qu'il l'explique très bien quand on le met en somnambulisme, car il reprend à ce moment la parole. Cap. a eu le pouce pris dans une porte et tiré en dedans ; elle a présenté une contracture du pouce ou flexion, mais cette contracture a pu être guérie. Très souvent elle présente le matin au réveil la même contracture sans savoir pourquoi : c'est qu'elle a rêvé à son accident, ainsi qu'on l'apprend très vite en la mettant en somnambulisme. Inutile d'insister sur des exemples qui seraient tous semblables.
Si nous renonçons à l'observation proprement dite, nous pouvons vérifier par l'expérimentation le rôle des idées fixes dans la production des accidents. Chez ces mêmes malades ou chez d'autres, on reproduira les mêmes accidents par suggestion ou par un choc qui éveillera dans l'espritdes idées équivalentes. Il ne suffit pas de dire que la suggestion agit comme une émotion dépiimante
r. Gilles de la Tourelle, op. cit., p. ItoC).