I. Charcot, Leçrtn.i<lii mardi. \. jjp. 2.").'). ui^ij
LES IDÉKS FIXES 301
piir siirmeiiiigo. M;iis 1 éj)uisein('nt nerveux local ne se piolonj^e ])as indéliniiiKMit ; s'il se piolonoc, il faiil une explication de cette durer anormale et l'idée fixe, piovocjuée peiil-èire par cet épuisement momentané, intervient pour jouer un rc^le prédominant. Pour certains cas même, on peut démontrei- rpiii v a eu une petite lésion cérébrale au début de la paialvsie. Si 1 hvstérie est la iirande simulatrice, elle est aussi la <>iaiide exasératrice, et l'idée lixe se développe à propos du trouble moteur et de la t^ène apportés par la lésion, (l'est une idée très l'éconile en clinique (|uc celle des associations de I hvstérie et des petites lésions encéphaliques. 2" Celte idée fixe dont on a vu le point de dépait, on en constate souvent la permanence. Elle explique comment la paralysie ou le spasme peut continuer alors que «tout signe de l'irritation primitive a disparu ' » ; elle donne aux paralysies et surtout aux conti-actures leur aspect systématique. Quel phénomène, sinon une idée, pourrait déterminer ces attitudes bizarres de la m;iin, du tioiu- (jul semblent la conliiiualion d une action ? Quand Lem. est toujouis courbé en avant, ne garde-t-il pas l'attitude qu il avait (juand une barrique lui a frappé le thorax? Dans certains cas, on peut surprendre cncoïc mieux l'action d'une idée fixe. Les contractures semblent des contractions absolument permanentes des muscles, en réalité il n'en est rien. Le plus souvent, à notre avis, quand la jambe est étendue sur le lit. (juand personne n'y touche, quand le sujet n essave pas de la mouvoir, les muscles se reposent et sont parfaitement relâchés. On peut voir et môme sentir sous la main la contraction instantanée des muscles au moment où l'on essaye, ou bien quand le sujet essave luirmêmc de déplacer le membre". Il y a là comme une obstination à maintenir le membre dans une position déterminée ; quelquefois cette idée est consciente, et il faut tromper le sujet pour que le phénomène cesse de se produire. Lucie avait un spasme des mâchoires que nous ne pouvions défaire ; on lui donne l'idée de tirer la langue quand nous entrerons. Cette pensée l'amuse et la voilà qui oublie de tenir la bouche fermée et qui nous tire la langue. M. Gilles de la Tourette rapporte un curieux exemple du même genre. « Straubridge, dit-il, obtint la ouérison d un blépharospasme hystérique, par l'élévation forcée des paupières