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d. Jules A'oisin, Comniiinicalifm à la Société inéd. itcs h')[>iUiiix,, mai, 1890.
LES ANESTHESIES i.1
cations délicates, je ne sifriialc ici (|iit' les plus «rrossicrcs. Certains sujets, ce sont les plus rares, recouvrent subitement et complètement toutes leui's sensibilités «lès (|u'ils sont <laus l'étal second. Le lait a été d«''|;i (|utd(jii<'lois si^nidé dans les anciennes descriptions des ma<;iiétiseurs ; il est surtout bien net dans l'ol)servation si remar(|ual)le d'Estelle (|ui fait le fond de l'ouvrage du D"^ Despine (d'Ai\). Estelle avait les jambes paralysées et complètement anesthésiées, en outre elle |»résenlait bien des points hyperesthési(|ues sur le tronc. « Dites à notre ami M. le D"^ de Castella. écrivait Despine', que la sensibilité est en crise Çv\i somnaini)ulisnie) paitout comme elle était dans I état ttiimitil de santé : (ju après les crises, la paralysie et l'excessive sensibilité du dos et de la poitrine reparaissent. » J'ai constaté bien souvent ces mêmes faits dès le début de mes recherches, avant d'avoir lu les observations si intéressantes des magnétiseurs. On peut, parmi plusieurs malades, citer comme exemples Berthe et Isabelle (anesthésie gauche, rétrécissement énorme du champ visuel avec amaurose unilatérale chez la seconde). Dès qu elles sont en état de somnambulisme provoqué, elles sentent tous les contacts des deux côtés et ont un champ visuel de 90".
Quelquefois les sujets ont pendant le somnambulisme une anesthésie en apparence générale; mais il sulFit de la plus légère excitation qui appelle un peu leur attention sur la sensibité tactile pour f[ue cette anesthésie disparaisse-, même sur les régions qui restaient anesthésiques pendant la veille malgré les suggestions. Les choses se passaient ainsi dans l'oliservation de Fernande que ma obligeamment communiquée ^L P. Carpentier.
' Plus souvent cette restauration de la sensibilité se fait lentement, et ne devient nette que lorsque l'état s'est prolongé assez longtemps. Maria, par exemple, est de plus en plus sensible et prend un champ visuel de plus en plus large (|uand on la laisse hypnotisée longtemps; elle n arrive pas tout à lait au champ visuel normal.
D autres enfin ont un somnambulisme plus compliqué qui sera décrit plus tard; elles traversent plusieurs états différents dans lesquels la sensibilité et surtout la mémoire subissent beaucoup
1. Despine (d'Aix). Emploi thi ma<jnélisme dans le traitement des maladies nerveuses. i84o, p. 195.
2. Gvnéraiyohcl, Mémoires sur le somnambulisme. i85^, p. 107.
i\ LE? STIGMATES M ENTAI \
de inodilicatiims. Ce n'est que dans l'nn de ces états, souvent dans un état qui se développe après tous les autres, que les sujets recouvrent tous leurs sensibilités. J ai souvent décrit cet état d'après plusieurs malades, surtout d'après Lucie'. Jules Janet Ta constaté de nouveau et très lacilement sur une hystérique célèbre, Wittm-. Après ces états que j'ai désignés sous le nom de somnambulismes complets, tantôt le sujet, comme Maria, conserve quelque temps une sensibilité plus étendue qu'à l'ordinaire, tantôt et le plus souvent le sujet revient complètement à son état habituel d anesthésie.
5° La sensibilité peut se modifier m^'me pendant la veille, sans que l'état général du sujet soit, en apparence, très transformé. Briquet a insisté sur l'action de l'électricité pour rétablir les sensibilités'; chez certains sujets. Rose ou Célestine, il fallait absolument recourir à ce procédé, aucun autre ne pouvant réussir. Burcq et beaucoup d'auteurs après lui ont montré que les aimants, les plaques métalliques variables selon les malades, et bien d'autres agents ont des effets analogues. Cette sensibilité surajoutée par ces procédés persiste plus ou moins longtemps et disparaît avec des oscillations.
6" L'influence de la suggestion, très puissante en générale chez les hystériques, peut suffire à rétablir momentanément les sensibilités, à rendre par exemple le bras gauche de Maria tout à fait sensible et à élargir son champ visuel^. Mais il faut savoir que ce phénomène est loin d'être général, que, chez plusieurs malades, la sensibilité et le champ visuel changent très peu quand on le suggère, et, au contraire, se modifient beaucoup sous l'influence de certaines excitations comme l'ivresse, ou de certains changements d'état psvchologique comme le somnambulisme. Il est très probable que la suggestion ou d'autres j)hénomènes psychologi(}ues interviennent dans les faits signalés au paragraphe précédent. La sensibilité de Marie se modifie facilement par l'application de plaques de fer; mais il faut que je les applique
1. Anostliésif! f>t flissociation. Revue philosnphiqne. i88~, I,p. ^(i-y. Les actos iiicoiiscir-nts et la mémoire pendant le somnambiilismf. Hrune philosnpltiijnc. 1888, 1, p. 269. Aulomalisme psycholo(jiqae , p. io5 et pass.
2. Jules .lanet, Hystérie et somnambulisme d'apn's la théorie de la double personnalité. Revue scientifique, 1888, I, p. 616.
?} Briquet, op. cil., p. 684- — Pitres, op. cit., I, jip. i/i/i, i5i. '1. Le fait est très souvent signalé par les magnétiseurs ; on le trouve aussi dans 1,-1 Xriirhypnolnrjic (](■ ]^rn\<\, traduction i883, p. 176 et dans 1«! livre fie M. Bernhcim.
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mni-niAine. Si je lui coiiTu' les phtquos pour f|uVI|f> s'en sorvo seule, ces plaques perdent tout leur pouvoir. Je n'allirmerais pas cependant que tous ces faits, en particulier laction du courant électrique, soient uniquement des suggestions. Enfin ces suggestions peuvent t*'tre faites de manières difFérentes qui seront «'tudiées plus tard.
"7° Beaucoup d auties phénomènes psychologiques interviennent pour produire, modifier ou détruire l'anesthésie. j'ar exemple, les émotiotis vives, les préoccupations, les rAveries l'augmentent. L'association des idées peut, dans certains cas, la modifier ; je dis ii Marie quelle a une chenille sur la main gauche, elle crie et prétend senlii- le chatouillement; ii ce moment, son bras gauche est devenu entièrement sensilde'. Mais un phénomène psychologique joue un rôle plus important que tous les autres, et son étude éclaire beaucoup ce problème : je veux parler de l'attention. Pour vérifier ce fait, il faut se rappeler, comme nous le montrerons plus tard, que rattcntion est très difficile à fixer chez l'hystérique, et que beaucoup ne peuvent parvenir ii la diriger. En général, on peut attirer un moment leur attention sur leui' main anesthésique par un procédé quelconque. Un malade de M. Raymond- ne sent pas le courant électrique quand il a les veux fermés, il accuse un chatouillement quand il voit les manœuvres. Sur la main gauche de Berthe, je fixe un pain à cacheter rouge : la voici étonnée et en contemplation devant sa main. Laissons-là un instant, puis, quand elle a la tète tournée, pinçons légèrement cette main tout à riicurc si insensible. Voici Berthe qui crie que je la pince et (|ui sent parfaitement. Il est vrai que cette belle sensil)ilité ne durera pas longtemps : j'enlève le pain à cacheter, et quelques minutes après elle ne sent déjà plus rien.
Tous ces phénomènes, et le dernier surtout, sont l'origine de bien des difficultés, car ils bouleversent très facilement la sensibilité que 1 on voulait étudier. Ils augmentent, ils fixent l'anesthésie ou ils la suppriment ; ils lui donnent un aspect extrêmement changeant qui décourage l'observateur.
Caractère contradictoire des anesthésies. — .Vu moins.