I. Briquot, op. cit., p
■A. lîriquct, op. cit., f). Syô, 3. I*aui Richer, Ilystéro-épilepsie , i885, p. 201.
LES ATTAOUES 'Mo
\\\in c. M.Jollv. (liiiis son ('tiKlc sur I livstt'iMc clic/, les onfaiits, les décrit îi pliisieiiis rcjuiscs : « (^et enfant de i i ans nionlro une telle adresse dans les cnlbut(^s et dans les grinipades (|iril aurait j)arlaitenient pu se montrer au cir(|uc'. »
Nous ne pouvons insistei- lon<;uenieiil sur des descriptions de <•(• i^enre; f|uelques exemples sullisent. Nous prendrons les cas les moins communs, c'est-îi-dire les tics de ce cfenre chez des adultes. L... pleui'c et gémit p;n ce qu Clic vient de j)ei(li<' son mari, cela est bi(!n naturcd. Mais comme elle est hvstérique, elle ne gémit pas de la façon ordinaire, l'die gémit par atta(|ues ; de temps en temps, plusieurs fois dans la journée, elle songe à son malheur et pousse un petit gémissement. Ce début sulfit; elle ne peut plus sarrèter et la voici poussant pendant deux heures des hurlements aigus et monotones, fini font iuir les voisins. Fuis elle > arrête et va se j)romener comme si de rien n était, (|uitte à recommencer dans quehjues heures. L'observation de Renée résume toutes les autres. Elle se sent mal à l'aise, étoud'e, puis, pour le plus léger prétexte, un bruit, un attouchement surtout, elle pousse un cri aigu et la représentation commence : elle danse et tord son ventre l\ la façon des bayadères, puis elle se roule |)ar terre, exécute des mouvements de bassin bien caractéristi- (pies, elle saute debout sur ses pieds, lève le bras droit en l'air et appuie la tête contie lui en gardant une posture fixe, ou se met à genoux comme pour prier. Au milieu de ces actes, elle entremêle des cris, un cri rauque, aigu (juc nous avons comparé laute de mieux au cri du chameau, puis le niiaou des chats, laboiement du chien ou bien elle répète des mots à la façon de petits enfants : « zozo, ma nounou, patapan, tatata, petite lemmc, etc. », enfin elle n'oublie pas les gros mots elles injures, dont elle possède à ce moment un très riche répertoire. Tout cela dure à peu près une heure, puis elle se calme et change entièrement de ton et de langage.
Les auteurs qui ont décrit ce genre d'attaques ont presque toujours fait la même remarque générale, c'est que les malades, quoique dans un état intellectuel très particulier, ne perdent pas entièrement conscience ; « les enfants, dit M. Jollv, se meuvent comme dans un rêve, comme s'ils jouaient un rôle... Mais ils ont
I. Jolly, Lcjjor Ilvstcric hi-i Ivindcrn. Sniidrrabdriick ans de r Berline r klin. Woclienscliiijl, i8ij2, n" .S'i, extrait p. -.
•Mt\ AQ-IPENTS MENTAUX DES UYSTERIOUES
conservé une certaine perception de la réalité, et ils savent reconnaître et repousser les personnes qui s'approchent'». Nous avons remarqué aussi que ces malades conservaient, non seulement la conscience, mais même le souvenir assez exact de leur attaque. Renée en particulier était bien curieuse sur ce point; au moment le plus violent de l'attaque, elle pouvait interroin|»i e ses comédies et ses injures et me dire sur le ton le plus convenable : « Je vous en prie, restez, cela va finir bientôt » ; imméiliatement, changeant de ton, elle recommençait à m'injurier. On comprend que cette remarque ait donné lieu Iréquemment à l'accusation de simulation. Les malades elles-mêmes s'y trompent, et Rejiée disait en pleurant: «Ce qui me rend le plus malheureuse, c'est que je crois le faire exprès, et pourtant jai horreur de tout cela. Où est la vérité ? » Cette demi-conscience est due, sans doute, h ce que les phénomènes automatiques sont très simples, quelques mouvemenls toujours les mêmes, quelques cris, et nonces émotions complexes, ces grands rêves qui envahissent l'esprit tout entier. Le malade assiste à ses gesticulations comme le médium regarde sa main qui écrit involontairement.
Il s'agit ici encore, en efjfet, d'idées fixes se développant en dehors de la volonté des malades. Tous ces tics ont une origine et reproduisent un incident de la vie passée. Renée miaule comme un petit chat qui est venu un jour bien innocemment lui lécher le bout des doigts ; elle aboie comme le chien de son père, « un gros vilain chien que tout le monde caressait à la maison et qui l'horripilait » ; elle copie la voix d'un petit pâtissier idiot qu'elle voyait dans les rues ; quand elle dresse son bras droit en l'air, c'est qu'elle prend la posture du tableau de Jules Lefèvre, « la Vérité », qu'elle a regardé dans sa chambre. J'ai dit autrefois- que j'avais cherché, sans pouvoir en trouver, des des exemples d'hystériques imitant des tableaux dans leur crise. J'ai été heureux de recueillir cette observation dans le service de M. Charcot. Cette attitude curieuse se produisait déjà dans les crises de Renée bien longtemps avai;it que le malade ne vînt à l'hôpital. On peut facilement trouver une origine de ce genre à tous ses mouvements bizarres.
Le caractère subconscient est aussi assez évident, les malades