Aulomalisme psycholofjique , p
co.istiitent ItMiis tiioiiN l'incnls et ne peuvent ni h's arrêter, ni les modilier, ni interne les prévoir. J nviiis reniart|ué (|ue Renée prenait à ehacjue instant des ties nouveaux et i-épétait clans ses attaques, soit une expression, soit un geste tl une ilt.'s malades de la salle ; j'ai essayé moi-niAnic de lui suggérer des gestes, des lies pour remplacer et modifier les anciens. Il m'a d'abord été impossible d'v parvenir en in'adressant directement à elle ; au contraire j'ai fort bien réussi en usant d'un procédé que j'ai déjà souvent décrit, la sugtïestion |)ar distiaction. Il fallait la suiri£estionner à son insu pendant (|u elle parlait à d'autres personnes; je lui ai ainsi glissé dans l'oreille le mol « bébé », ([u elle ne tlisait jamais et qu'elle a depuis répété dans ses attaques, je lui ai lait modifier ses divers mouvements, etc. Le caractère de telles suggestions, qui ont été étudiées expérimentalement, nous permet de comprendre la nature des attaques (|ui leur ressemblent. • Il est inutile d'insister davantage sur ces crises de tics, après avoir déjii étudié les tics d'une manière générale dans le chapitre précédent. Ils ont ici la même nature, mais ils sont accumulés dans un court moment, et diminuent davantage la conscience des malades.
§ 3. AXTAQIE d'idées FIXES. LES EXTASES.
Nous airivons ;t une troisième catégorie d'attaques dans lesquelles les phénomènes émotionnels et les mouvements convulsils sont réduits au minimum. Les malades restent à peu près immobiles, quelquefois ils sont complètement inertes, et semblent n'avoir pas plus de pensée que de mouvement. Cependant l'étude que nous avons faite, il y a quelques années, d'une malade, intéressante à bien des points de vue, Marcelle', nous a permis de reconnaître que l'esprit du sujet était loin d'être entièrement inactif et vide pendant ses attacjues, mais qu il était, au contraire, obsédé par une quantité de phénomènes psychologiques plutôt d'ordre intellectuel que d'ordre émotionnel. Nous avons pu étudier depuis bien des exemples de ces attaques d'idées, qui sont, à notre avis, très importantes dans l'hvstérie, par leur fréquence et leurs conséquences pathologiques.
I. Elude sur un cas d'aboulie et d'idées fixes. Revue philosophique , 1891, I. 371.
:«8 ACCIDENTS MENTAIX DES IIVSTERKM ES
« Marcelle, ainsi (|iie nous le disions tlans notre étude pi-éeédente, n'est pas toujours dans le même élat quand on vient auprès d'elle; tantôt, elle parle bien, s'exprime assez paiement, tantôt elle est sombre et refuse de dire un mot. Quand je m'approehe d'elle pendant un de ces mauvais moments, elle ne semble pas s apercevoir de ma présence, elle re^ai'de lixeincnt en bas sans bouger les veux ; si je la secoue vivement, elle ne réaf]çil pas, ou fait entcndie un grognement de colère. Le lendemain, je la trouve de bonne humeur et très disposée à causer avec moi. «Dites-moi d'abord ce (jue vous aviez hier conti'e moi pour me recevoir aussi mal. — Hier, mais vous n'êtes pas venu. — Pardon, je suis resté une demi-heure près de vous. — Je ne vous ai pas vu. — A quoi donc pensiez-vous ? — .Te n'en sais rien... « Ces paroles nous indicpient déjà que nous avons affaire à un état important, qui ne laisse pas de souvenirs, à un liouble passagoide la conscience. Nous avons pu un jour par hasard voir une al-. laque bizarre de ce genre commencer et finir devant nous. Marcelle causait avec assez d'animation, elle montrait dans sa phvsionomie une mobilité sufiisantc, elle remuait les yeux de côté et d'autre^ ([uoiquc, suivant sa mauvaise habitude, elle ne voulut pas regarder les gens en face. Tous d'un coup, sans préliminaires bien appréciables, elle cesse de parler et demeure absolument immobile, la figure comme figée. Elle ne semble plus m'entendre, ne réagit pas quand on la pince, garde les yeux grands ouverts sans les mouvoir, enfin elle laisse quelque temps les membres en l'air dans la position où je les mets, comme dans un état demicataleptique. Cette sorte d'attaque )ie dura pas plus d'un quart d'heure ; la malade poussa queUpies soupirs, eut des larmes dans les veux, puis comme faisant un efl'ort sur elle-même, elle se remit ;i parler avec moi comme si rien ne s'était passé. Quand je l'interroge, elle répond: « Ce n'est rien, ce sont mes idées qui ont passé,... c'est comme un nuage qui passe. » J'ai trouvé cette expression assez pittoresque, et dans ma description de cette personne, j'ai conservé ce mot de nuage pour désigner cette crise, et je me suis attaché :i comprendre ce qui avait lieu dans son esprit pendant que le nuage passait. »
Avant d'entrer dans cette étude, il faut remarquer que les phénomènes précédents se retrouvent chez beaucoup de malades. Il n'est pas rare de rencontrer les hystériques immobiles, les yeux fixes, le plus souvent ouverts ou mi-clos, quelquefois fermés, sans
(|iic l on puisse ohtonii' (rdlos une n'-ponsc. Quolf[uc(ois elles seiiil>leiil se l'éveiller hruscpieiueiit (piaiid on les secoue, dans d'autres cas, elles ne peuvent être iM'veilIi'es, el ne sortent de cet liai (pic sporilaïK'ruent au bout d'un leiups plus ou moins Ioiih-. (diez (|uel(pi('s-unes, ces sortes de sommeils se combinent avec les atla(|ues convulsives, les précèdent, les suivent, ou se prodtii- --••nt. comme chez Berthe, dans rinléi\alle des attacjues émotionnelles et en cpiebpie sorte indépendamment. Chez d'autres ces états d'immobilité sont les seules attarpies que l'ctn constate, et constituent le principal accident hystérique.
l^iiini les malades que nous avons décrites dans cet ouvrage, iu)us signalerons Justine (|ue son mari retrouvait quebpielois debout, les veuK fixes et la bouche enti" ouverte, et dont il ne pouvait se laii'e entendre; mais nous insisterons sur les « fixités )) de Maiia qui étaient bien remarquables et auxquelles nous avons déjii lait allusion'. C'est ainsi que la malade désignait elle-même un de ses accidents les plus fréquents. Voici un exemple : ^Nlaria descend avec d'autres malades pour assister à la messe dans la chapelle, elle parait très bien poitante et se comporte de façon très raisonnable. Pendant la céri-monie, sa voisine s'aperçoit que Maria est depuis quelque temps absolument immobile, qu'elle a les veux fixes et quelle est pâle. Elle essaye en vain de lui parler, elle se décide à la toucher et à la pousser un peu. Sous cette im-" pulsion. Maria tombe de la chaise où elle était agenouillée et, --iins être réveillée par le choc, elle reste à terre comme une niasse inerte. On la ramasse et on la transporte dans le service sans qu'elle s'aperçoive de rien. Quand je l'examine, ses yeux sont encoie ii demi ouverts et reo-ardent encore h oauche comme ils faisaient il la chapelle. De temps en temps, ils laissent s'écouler quelques larmes, sans mouvement des paupières ; les membres sont souples et retombent flasques. L'anesthésie est absolue, aucune excitation n'amène de réaction. Les réflexes rotuliens sont conservés, mais non les réflexes palpébraux. Au bout d'une heure a peu près, la malade a un petit frisson, pousse un profond soupir et se met à regarder de tous côtés : « Tiens, dit-elle, je suis dans mon lit, qu'est-ce qui m'est donc arrivé?» Quand on l'interroge, elle sait seulement qu'elle a été à la chapelle, qu'elle avait près d'elle telle voisine, qu'elle regardait de tous côtés les