INTELLECTUEL
Les somnambulismes présentent un second caractère important, c'est que le malade n'est pas entièrement isolé dans son rêve, il perçoit les choses extérieures et se conduit d'après ses perceptions. 11 est vrai que cette intelligence est très variable et, suivant le degré de son développement, se constituent des états psychologiques très difféients les uns des autres.
1" L'hcini-soinnanibiiUsme\ — Cet état a été surtout 1 objet d'études expérimentales que nous avons résumées ailleurs et qu'il ne semble pas utile de reproduire ici. Nous croyons qu'il .est cependant important de rappeler son existence, d'abord parce que cet état peut quelquefois se produire naturellement et ensuite parce qu'il iornie une transition intéressante entre les idées fixes subconscientes et le somnanibulisine proprement dit.
Dans tous les symptômes de l'état mental des hystériques, nous avons toujours constaté un double caractère : 1° la perception
r. Ch. Richet, Les mouvemeols inconscients dans Vtlommarje. à Chevreul, 188G, p. 9.3.
LES SOMNAMBULISMES 36.»
personnelle était diminuée et laissait échapper en dehors de la conscionce certains phénomènes psvcholofricjues, des sensations, des souvenirs, des images motiices ; -i" les phénomènes négligés, non jx'rçiis p;ii la personnalité, n étaient pas cependant tout à l'ait su[)primés, ils existaient ;i l'état d isolement, à part de la conscience. Eh bien, ces phénomènes subconscients peuvent, dans certains cas, se grouper, se coordonner de manière ii former des pensées assez complètes qui se dévt'l(»p[)ent ainsi tout à lait isolément.
]>e lait est surtout bien net et bien connu dans un cas particulier, l'écriture autoin;tti(jue du métiium dans les séances spirites. Ce personnage semble rester bien éveillé, pe<it prendre part à une conversation générale ou môme faire une lecture à haute voix et cependant, au même moment sa main, entraînée par un mouvement dont il ne se rend pas compte, écrit sans le concours de sa volonté ni de sa pensée, des choses qu'il ignore lui-même et qu'il est tout surpris de lire ensuite '. D'autres agissent, imitent, sans pouvoir s'en rendre compte, la figure, la voix, la tournure des personnes et jouent des scènes de leur vie ; d'autres enfin, les plus curieux peut-être au point de vue médical, ne peuvent empêcher leur bouche de dire des paroles dont ils ne soupçonnent pas le sens et qu'ils sont tout surpris d'entendre ; « la même puissance agit chez eux sur l'organe de la parole comme elle agit sur la main des médiums écrivants. .. le médium s'exprime sans avoir conscience de ce qu 11 dit, ([uoiqu'il soit parfaitement éveillé et dans son état normal" ». Les médiums auditifs ou visuels entendent malgré eux des paroles ou voient des spectacles f[u ils rapportent ensuite volontairement^.
Tous ces faits ont leurs analogues dans les accidents qui arrivent naturellement aux hvstéri([ues, on en rencontre souvent de semblables dans la description des possédés. Carré de Mongeron, (|ui décrit les convulsloniiaires de Saint-Médard, raconte le fait suivant : « Il arrive souvent que la bouche des orateurs prononce une suite de paroles indépendantes de leur volonté, en sorte qu'ils s écoutent eux-mêmes comme les assistants et (ju'ils n'ont connaissance de ce qu'ils disent (ju'ii mesure qu'ils le [)ro-