‹ L'état mental des hystériquesChapitre 16 sur 290 · I.RS ANESTHF.SIES · texte numérisé non relu

I.RS ANESTHF.SIES

semble d observations sur un |)i(»bl»'UJ«' tirs voisin, t-clm dr la dvschroinatopsie unilah-rali' rt bihilérale. Un inahub'. pai- t'\iiii|ile, ne distinguait (|ue le rouge et ne voyait jias le vert. Cependant, sien lait tourner devant ses veux une roue de Newton sui' la(|uell<' étaient peints des secteurs louges et verts tlans la proportion voulue, le sujet voyait se loi nier une teinte blanc grisâtre coinine si toutes les couleurs eussent produit sur lui leur ell'et habituel. La contre-épreuve se fait en prenant un <lis(|ue réellement rouge et blanc et en le présentant ;i l;i malade a eùtt' du dis(|iie rouge et vert. L acbromal<tpsi(jue les déclare d abord I un et l'autre identiques. Mais, dès que le dis(|ue rouge et blanc est en mouvement, elle le déclare rouge-pàle, ce (|ui est la vérité, tandis (jue le rouge et vert lui paraît grisâtre, ce qui est également vrai. La malade, qui ne faisait pas de dillcrence entre les deux disques au repos, et qui en cela se trompait, ne se troinj)e donc plus dès qii ils sont en rotation. « La malade a reconstitin'' la lumière avec une couleur (|u"elle venait et une autre (iiTelle ne vovait pas. »

Dans la même séance de la Société île biologie oii cette observation très importante a été communiquée, Paul Bert demandait si les sensations de couleur en apparence disparues produisaient cependant des images consécutives et donnaient lieu aux phénomènes de contraste simultané et successif. Le fait a été depuis bien souvent vérifié, et M. Régnard lui-même a disposé l'expérience suivante. Si on demande ii une hystéri(jue achromatopsique pour le rouge de fixer pendant longtemps un carré rouge sur fond blanc, elle déclare ne voir qu'un carré gris; et cependant, au bout d'un certain temps, elle obtiendra comme image consécutive un carré vert, d II nous semble donc logique, disait M. Régnard, de croire que la rétine dans l'achromatopsie hystérique est saine et que le défaut physiologique qui cause l'erreur visuelle est plus loin dans le centre perceptif. (^)nand la vibration verte arrive ii ce centre, elle nCst pas jugée, mais elle agit néanmoins ; et la preuve, c est (ju'ajontée ii la vibration rouge elle donne la perception du blanc, et quelle produit l'image consécutive verte. » M. Charcot déclarait aussi que. d'après lui. une achromatopsie de ce genre était un phénomène purement cérébral'.

1. Comptes rcndiia des séances de la Soc ié le de biudxjie, iO janvier 1878, p. Sa.

28 LES STir.MATES MENTAUX

Nous arrivons ;iiix oxjiévionces Tionibroiisos o\ précises de M. Pariiiaud sur laniaurose uiiilatôralo '. (^^Ilc-ci peut servir d'exemple : u Soit, dit-il, une héniianesthésiqne atteinte de eécité monoculaire pour une couleur. Un papier vert est vu gris de l'œil gauche amblyope et vert de l'œil droit qui est sain. Si l'on place sur Vœi\ sain un prisme qui fasse voir deux images du papier, au lieu d'être lune verte, l'autre grise, comme on s'y attend, les deux images sont vertes. » Dans dauti-es cas, un sujet amauroticjue de IomI gauche voit cependant deux images colorées si (»n place le prisme devant son omI malade. De ces expériences et d autres srinhiahics. M. Parinaiid conclnail (|ii il va deux mécanismes did'érents, I un pour la vision unilatérale, l'autre pour la vision bilatérale, cl que, dans l'hystérie, la première seule est atteinte tandis que l'autre subsiste intacte. M. Pitres, qui a répété et varié ces expériences d'une manière intéressante^ arrive à la même conclusion (jui nous paraît juste mais un peu incomplète, M. Bernheim, en 1887^. a reproduit les expériences de M. Parinaud et a constaté le même résultat matériel ; mais il l'interprète autrement et en fait un phénomène de suggestion. « L image visuelle perçue, l'hystérique la neutralise inconsciemment avec son imagination. » Comme on le verra dans tout cet ouvrage, et particulièrement dans le dernier chapitre, les stigmates ne nous semblent pas être ainsi des phénomènes d iidiibition, mais bien plutôt avoir la signification de phénomènes d'épuisement. Ne retenons pour le moment qu une seule chose, c'est que ces faits nouveaux confirment l'opinion de M. Régnard, et la pensée plus ancienne de Lasègue sur la nature psychique ou sur l'origine corticale de ces phénomènes^.

Si lamaurose unilatérale présente ces problèmes embarrassants, il en est de même pour t<uites les anesihésies. Il y a déjà

1. Cf. Thèse d'agrégation de M. Gronier : Des localisations dans les maladies nerveuses, 1886. — M. Parinaud : Aneslhésie de la rétine, etc. Bulletin de lAcadémie royale de Belgique. 1886, et du mémo autour : .Sur une forme rare d'amblyopie hystéro-trau ma tique, Bulletin médical, 1889, p. 777.

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