lif-rnheim, Revue de l'hypnotisme, 1887, p
'4. A Cfttf môme date, j'ai publié dans la Bévue philosophique, 1887, I, 'lOo, l'obsenation d'une hyslf^riquc totalement aneslhésiquo, chez laquelle on pouvait cependant mettre en évidence la conservation à l'état latent ou subconscient de touliïS les sensibilités. II est impossible de suivre ici jusqu'au bout l'ordre historique des publications sur la nature psychique de l'anesthésie : Cet ordre coniplicpierait inutilement l'exposé du problème.
LES ANESTHÏ^SIES 2fl
plusieurs années, je lis la reinaiHjue suivante sur une malade du service de M. I^owilewicz à l'hôpital du Havre. Klle était atteinte de paraplégie hystérique et présentait un état d'anesthésie totale. Je lui éleetrisais les janihes et je remarquais les fortes contiaelions museulaires ;i cha(|ut' contact de I élecli'ode négative, (luaiid tout a coup je m'aperçus que les deu\ lils tjui rattachaient les tampons ii I aj)pai'eil étaient tombés. Peut-être d(q)uis longtemps, je rélectrisais avec île simples morceaux de hois. Je continuai sans rattacher les lils aux hornes el les contractions se produisirent de plus belle au simple contact du tampon. Ce n'est pas Hi, dira-t-on, une chose bien merveilleuse, il y a là une sorte d'habitude, une suggestion (|ui s'exécute. C'est bien aussi mou avis, mais comment cette malade, qui avait t<uite la peau du corps absolument Insensible et la tète bien tournée de l'autre côté, pouvait-elle sentir le moment où mon himpon touchait ses jambes pour produire un mouvement à ce moment et seulement à ce moment? Tous les jours, on peut éprouver un embarras semblable; je propose ;i Isabelle une petite convention pour vérifier rapidement son anesthésie: elle doit me répondre» oui » ([u.iiid elle sent et « non » quand elle ne sent pas. Comme elle est fort naïve, elle accepte sans sourciller, et Ton constate alors une singulière contradiction: quoi(|ue elle ait les yeux soigneusement cachés par un écran, (juoi(jue j évite toute espèce de rhythme et pince plusieurs lois irrégulièrement un même côté avant de passer;» l'autre, elle ne se trompe jamais et dit toujours « oui » quand je la pince à di'olte et « non » quaiul je la pince à gauche. La même expérience répétée sur un homme, Pasq, donne exactement le même résultat, jusqu'à ce qu'il s'aperçoive de la bizarrerie de ses réponses et (|u il cherche a lépoudre avec attention. Il cesse alors, mais alors seulement. île dire « non « quand on pince son côté anesthésique.
Voici une autre observation qui porte non plus sur les sensations tactiles mais sur les sensations musculaires. Une jeune femme de 22 ans, que j'ai souvent décrite sous le nom de Lucie, prenait pendant ses attaques certaines poses cataleptiques. Pendant près dune heure elle restait les veux ouverts, fixés du côté de la fenêtre et gardait les bras en l'air dans la posture de la terreur. Pour le moment, il ne faut insister que sur un seul détail de cette attaque : j'avais remarqué que, pendant la veille la plus normale, il sulllsait de lui lever les deux bras et de les placer
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dans la posture de terreur qu'ils prenaient pendant la crise pour provoquer anssitiM une attaque. Rien de plus simple et de plus connu, dira l-on, vous éveillez par la notion de la position des bras ridt'f princi|»ale de 1 attaque el le reste se iléroule. C'est vrai, mais il v a un petit détail : Lucie était aneslhésique de tout le corps et ne présentait plus nulle part aucune trace du sens musculaire. Comme cela arrive souvent dans ce cas, elle tombait brusquement dès qu'on lui fermait les yeux. Or, j'ai souvent pris la précaution de lui fermer les yeux avant de déplacer les bras et la dise n'en commençait pas moins, dès que les membres avaient la position voulue. Comment donc la notion de celte position a-t-elle été appréciée par un sujet aussi insensible ?
Le procédé précédent qui consiste à provoquer la crise d'hvstérie, au moven de ces sensations qui semblent disparues de l'esprit du sujet, m'a permis de constater la même dilRculté ;i propos d'un autre symptôme très important, le rétrécissement du champ visuel. Georges, un jeune homme de seize ans, avait eu sa première attaque d'hystérie à la suite dune forte frayeur qu'il avait éprouvée pendant un incendie. Il reproduisait cet épisode il chacune de ces attaques, criait « au feu, appelait les pompiers, se débattait dans les flammes. En outre, il suffisait, quand il était bien calme, de lui parler d'incendie et surtout de lui montrer une petite flamme pour provoquer aussitôt le retour de l'attaque. Un jour, je le plaçai en face du périmètre, comme pour lui mesurer le champ visuel, je lui lis fermer l'œil dioit et fixer avec l'autre o-il le point central. Il s'attendait ii voir avancer sur l'arc de cercle noirci un morceau de paj)iei' comme il l'avait vu souvent. Mais je tenais soigneusement cachée derrière son dos une allumette enflammée et je l'approchai doucement de l'extrémité de l'arc. L'allumette était à peine vers le degré 80 que le malade poussa un grand cri « au feu » et se renversa en convulsions'. Rien d ét(mnant, sans doute, puis(]uc jai dit qu(; la vue d'une flamme amenait la crise. Mais ici encore une question obscure, le malade avait du côté gauche, ainsi qu'on l'avait mesui'é plusieurs fois, le champ visuel rétréci à 35", au maximum 38", et mon allumette étant il 80" se trouvait évidemment placée dans la partie du champ visuel qui était invisible, son image se projetait sur la partie anesthésique de la rétine. Cette expérience, légèrement modifiée, se répète sans didiculté avec Berthe qui a pourtant des deux côtés le champ visuel rétréci a 5". Je l'ai habituée