I. Despine (fl'Aix). op. cit., p
A. Weir Mitchell, op. cit., p. i 1.
LES SOMNAMBULISMES .183
oll'» est remonter' à une forme tlVxistence presque normale; par l'efVet de la maladie, elle redescend peu à peu. D'abord elle semble se réveiller un peu dès qu'on la quitte et oublie ce qu'on vient df lui dire en I endormant, j>uis deux jours après elle a encore un léveil. cest-ii-diro une clintc dans un état d'anesthésie et d'amnésie bvstérique plus jjiolond. elle oublie les deux jours précédents. Ensuite elle redescend loit lentement. Si on la laisse
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retomber ou si on la réveille en L), il y aura amnésie complète de toute la période précédente; si on l'excite, il y aura au contraire état psychologique plus complet et souvenir parfait des j)ériodes précédentes. Ce sont ces chutes, ces retours à l'état d anesthésie qui donnent aux périodes noimales l'aspect de somnambulismes.
Chez d'autres sujets l'état somnambulique n'est pas déterminé directement par l'anesthésie, mais il est le développement de phénomènes subconscients, de rêves et d'idées fixes qui ont «i^ranili en dehors de la perception personnelle; n'est-ce pas lii encoie un caractère de l'hvstérie? Il ne se forme une seconde existence, ici incomplète comme la première, que par développement de phénomènes qui, sont en dehors de la conscience normale ; et cet isolement de certaines pensées est encore un résultat du rétrécissement pathologique du champ de la conscience.
Un état particulier, l'hémi-somnambulisme a encore les rapports les plus étroits avec les phénomènes sid)Conscients de l'hystérie. L'écriture automatique n'est possible que chez des indivi dus avant le bras di'oit totalement anesthési([ue ou capable d'une distraction inctnicntanée extrême qui leur fasse ignorer les mouvements de leur main droite'. Cette anesthésie et cette distraction d ailleurs ne doivent supprimer ni les mouvements ni les
I. William .Tamcs, Notes oh automatic writing, Proceediiujs of Uic American Society J'or psycitical research. iiSSg, p. 549.
sensations élémentaires. Un antinir américain signalait récemment des phénomènes traciirc)mato|)sie (jni survenaient chez un métlium au moment des séances spirites'. Oii trouver de tels caractères si ce n est dans 1 hystérie ?
Enfin il existe des phénomènes hystériques dont le somnambulisme se rapproche encore davantage : non seulement les lonorues périodes de la double existence, mais des états de durée très courte pendant lesquels le sujet parait marcher ou agir automatiquement; ces luges dont il ne se rend pas compte quand il semble se réveiller, ces rêveries interminables dont on ne peut (lue dilhcilement le tirer et qu'il ne peut expliquer", ces extases, ces catalepsies plus ou moins complètes, etc., ne sont que des degrés ou des formes variées du somnambulisme, des réapparitions plus ou moins complètes de la seconde existence ; certains délires même dans lesquels le sujet crie, injurie, semble jouer un rùle, ne sont également pour nous que des somnambulismes modifiés par des inlluences particulières.
Mais on peut aller beaucoup plus loin et M. Charcot a établi depuis longtemps une notion que nous considérons comme essentielle pour l'interprétation de l'hystérie, ce sont les rapports étroits qui existent entre l'état somnambulique et l'attaque hystérique proprement dite. INI. Charcot a montré que d'un côté l'attaque renfermait très souvent des phénomènes de nature somnambulique et que de l'autre les somnami)ulismes naturels ou provoqués étaient souvent précédés ou même accompagnés d'un grand nond:)rc de symptômes appaitenant à l'attaque. Le sujet continuait dans une attaque suivante les actes ou les rêves commencés dans la précédente, il avait dans le somnambulisme les mêmes strangulations, les mêmes contractures que dans l'attaque, enfin les procédés qui terminaient ou modifiaient l'une réussissaient également à terminer ou à modifier l'autre''.
Nous-crovons avoir ajouté quelques notions à cette étude faite à la Salpêtrière : les sujets, disions-nous, sont capables de percevoir les phénomènes extérieurs même pendant leur attaque, ils
r. .1. Edw. FNirdon. 1 ho jjsydiical import of variable acliromatopsia. J'rom llir transaction of iH()'j..
1. Charcot, Maladies <lu système nerveux, I, p. l\!\-i. — Paul Iticher, La (jrumle hystérie, p. 3oi. — Pitres, op. cit., II, p. 235.
.3. Charcot, op. cit., I, p. 4^7- Paul Richcr, La fjrandc hystérie, p. oiu. Pitres, op. cit., II, p. 235.
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passent très faciloinont de la crise au somnambulisme ou i«"i'i|iio- (jucmcnt ' ; la mémoire, qui est ici si inipoiiante, présente dans ces deux états un caractère essentiel, elle est récipro(juc ; le malade, pendant I attaque, se souvient hien du somnambulisme et ce n'est (jue j)en(lant le somnambulisn)e (juil retrouve nettement les souvenirs de ralta(|ue-. Voici une observation parmi beaucoup d'autres (jui donne un exemple de ces faits. Quand Bertbe est en attaque, je |)uis arrêter ses convulsions en mettant une main sur son Iront : elle me reconnaît, se calme et cause avec moi, elle a passé dans un état soiiinambulicjue. Dernièrement un élève du service la trouvant en convulsions, voulut essayer le même pi'Océdé : il lui mit la main sur le front, mais ne parvint pas à modifier l'attaque. Il quitta la mahitle encore en crise et ne parla pas de cet incident, (^ucdques jours plus tard, Bertlie, que j'avais mise en somnambulisjne, se mit spontanément à me rapporter cet incident ([ue j)ersonne ne lui avait raconté, mais dont elle avait cependant le sou\enii' lort exact : « .l'ai très bien senti, disait-elle, que M. X... ma mis la main sur le front. — Et pourquoi n'es-tu pas' restée tranquille? — • Parce que ce n'était pas vous. » Modification de la crise, perception pendant l'attaque, souvenir en sonmambulisme, tous les laits les plus importants sont ici réunis.
Si nous ajoutons ([ue des attaques d'hystérie peuvent être provo(|uées il la suite de tentatives d'hypnotisation % que des attaques peuvent être remplacées par des somnambulismes, qu elles peuvent se modilier par les suj^gestions, les exemples, les idées lixes. comme les états seconds, nous pourrons conclure en rap- |)elanl la parole de Mesmer et de Deleuze : « La plupart des maladies nerveuses,... des folies, la catalepsie, ne sont qu'un somnambtdisme imparfait et dégénéré* ». Le somnambulisme se rattache donc d'une manière étroite à tous les phénomènes de Ihystérie.
Nous crovons que Ion peut être encore plus alllrmatif : le sonuiambulisme est précisément caractérisé par le même phénomène qui se letrouve au fond de tous les svmptômes hvstériques,