Despine (d'Aix), op. cit., p
Janet. — Hvstérie. 28
434 ACCIDENTS MENTAl \ DES HYSTERIQUES
beaux travaux ilo M. Charcot, de M. Habiiiski. do MM. Gilles de la Tourette et Dutil, de M. Souques sur l'atrophie musculaire chez les hystériques. Ce sont là des phénomènes qui dcnuindent encore, à notre avis, bien des études, mais qui sembl(Mit cependant dès aujourd'hui se rattacher légitimement à la maladie hystérique.
Ce court résumé a simplement pour but de montrer qu'en rattachant l'hvstérie au groupe des maladies mentales, nous n'oublions pas les nombreux symptômes organiques que l'on constate chez ces malades. Comment devons-nous les interpréter ? Ces faits nouveaux doivent-ils nous faire renoncer aux définitions précédentes ? Remarquons, d'abord, qu'un certain nombre de ces faits doivent probablement se rattacher à des idées fixes persistantes, plus ou moins consciemment, ainsi que les paralysies et les contractures expliquées par M. Charcot. En montrant l'importance de l'isolement dans le traitement de l'anorexie hystérique, M. Charcot montrait que l'élément psychique joue, dans cette maladie, un rôle prédominant*. « A notre avis, écrivait M. Sollier, il n'y a qu'une sorte d'anorexie nerveuse, c'est l'anorexie mentale". » Nous aurons peut-être ici quelques restrictions à faire, car toutes les anorexies ne sont pas semblables ; si beaucoup de malades refusent de manger par idée fixe, d'autres acceptent la nourriture, puis la rejettent à cause de certains spasmes de l'œsophage, de l'estomac, du diaphragme ou même des muscles de l'abdomen. Ce ne sont pas toujours des phénomènes absolument semblables, mais il n'en est pas moins vrai que ces spasmes eux-mêmes peuvent être provoqués et modifiés d'une façon plus ou moins directe par les idées du sujet, ainsi que l'on peut le montrer très nettement par des expériences de suggestion. Des expériences du même genre ont 'provoqué des modifications vasculaires graves, capables de produire sur la peau l'érythème d'un sinapisme ou les phlyctènes des brûlures\ Sans doute, ces expériences sont à refaire, elles doivent être encore vérifiées et interprétées, mais elles nous montrent au moins que nous ne connaissons pas complètement l'influence énorme de la pensée sur le corps.