‹ L'état mental des hystériquesChapitre 189 sur 290 · I. Autoinalisine psychologiyue, p · texte numérisé non relu

I. Autoinalisine psychologiyue, p

4i6 ACCIDENTS MENTAUX DES HYSTÉRIQUES

l'évolution de rhvstérie, il suffit de rappeler des notions bien établies. L'hérédité pathologique joue dans l'hystérie comme dans toutes les autres maladies mentales un rôle absolument prépondérant'. Un très grand nombre de circonstances jouent le rAle « d'agents provocateurs » et viennent manifester par des accidents cette prédisposition latente : ce sont les hémorragies, les maladies anémiantes et chroniques, les maladies infectieuses, la fièvre typhoïde en particulier et dans certains cas les auto-intoxications, les maladies organiques du système nerveux, les diverses intoxications, les shocks physiques ou moraux, le surmenage, qu il soit également physique ou moral, les émotions pénibles et surtout une suite d'émotions de ce génie qui se succèdent et dont les effets s'additionnent, etc. Il est facile de voir que tous ces agents provocateurs ont le même caractère, ils all'aiblissent l'organisme et augmentent la dépression du système nerveux. Il est un âge sui'tout qui est à ce point de vue particulièrement critique, c'est l'âge de la puberté. Nous ne parlons pas seulement de la puberté physique qui a cependant une grande influence, mais d'un état qui vient un peu plus tard et que l'on pourrait appeler justement la puberté morale. Il est un âge légèrement variable suivant les pays et les milieux où tous les plus grands problèmes de la vie se posent simultanément, le choix d'une carrière et le souci de gagner son pain, tous les problèmes de l'amour et pour quelques-uns tous les problèmes religieux; voilà des préoccupations qui envahissent l'esprit des jeunes gens et qui absorbent complètement leur faible force de pensée. Ces mille influences manifestent une insuffisance psychologique qui reste latente pendant les périodes moins difliciles. Dans un esprit prédisposé par •des influences héréditaires, cette insuflisance psychologique se développe, se constitue dune manière particulière et se manifeste par l'ensemble des symptômes qu'on appelle l'hystérie.

Le mot « hystérie » doit être conservé, quoiqu'il ait bien changé sa signification primitive; il serait très diflicile aujourd'hui de le modifier, et vraiment, il a une si grande et si belle histoire, qu'il serait pénible d'y renoncer ; maispuisque chaque époque lui a donné un sens différent, cherchons la signification qu'il a aujourd'hui.

Pour essayer de résumer ce que nous avons emprunté à toutes

I. Briquet, op. cit., p. 8^. — Georges Guinon. Les Agents provocateurs de l'Iiys érie, 1889, p. i85. — Pitres, op, cit., I, p. lO, etc.

LilYSTÉRIE AU POINT DE VUE PSYCHOLOGIQUE 447

cts études récentes sur rhvst('Mi(', il siilfit de réunir les conclusions de nos précédents par;igr;i|)ln-s. « L'Iiysléric, pouvons-nous dire, est une inahulic lucnldlc appartenant au groupe considcrahle des maladies par faildesse, par épuisement cérébral, elle n'a que des sjmptômes p/iysi(pies assez vagues, consistant su/tout dans une diminution générale de la nutrition; elle est surtout caractérisée par des symptômes moraux ; le principal est un affaiblissement de la faculté de synthèse jdiycliologique, une aboulie, un rétrécissement du champ de la conscience qui se manifeste d'une manière jxirticulièrc : un certain nombre de phénomènes élémentaires, sensations et images cessent d'être perçus et paraissent supprimés de la perception personnelle ; il en résulte une tendance à la division permanente et complète de la personnalité, à la formation de plusieurs groupes indépendants les uns des autres ; ces systèmes de faits psychologiques alternent les uns à la suite des autres ou coexistent; enfin ce défaut de synthèse favorise, la formation de certaines idées parasites qui se développent complètement et isolément à l'abri du contrôle de la conscience personnelle et qui se manifestent par les troubles les plus variés d'apparence uniquement physique. » Si on veut résumer en deux mots cette définition un peu complexe, on dira : « L'hystérie est une forme de désagrégation mentale caractérisée par la tendance au dédoublement permanent et complet de la personnalité. »

Qu'il nous soit permis de répéter encore en terminant ce que nous disions au début. Une définition de ce genre n'a pas la prétention d'expliquer les phénomènes, mais simplement d'en résumer le plus grand nombre possible. Elle sera vite, nous le désirons, remplacée par une définition plus compréhensive qui contiendra tous les faits précédents et y ajoutera encore d'autres phénomèmènes, tels que les modifications physiologiques qui accompagnent et provoquent cette insulllsance cérébrale. Nous espérons seulement que cette définition toute provisoire pouria maintenant rendre quelques services et préciser un peu les remarques innombrables faites depuis longtemps par les médecins et les psychologiques sur l'état mental des hystériques.

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