CHAPITRE II UN CAS DIIÉMIAXOPSIE HYSTÉRIQUE TRANSITOIRE
Dans un précédent travail', j'ai eu l'occasion d'étudier assez longuement l'hémianopsic chez les hystériques, à propos d'un cas fort curieux. Ce phénomène n'est pas seulementintércssant comme une curiosité clinique, assez rare et fort controversée dans l hystérie ; c'est encore un fait qui peut avoir un grand intérêt au point de vue de l'interprétation physiologique des symptômes de la névrose.
Il est bien entendu par tout le monde que l'hystérie est une maladie cérébrale ou plutôt corticale, bien qu'elle puisse être déterminée par des causes générales : aithritisme, auto-intoxications, infections, etc. Mais, la localisation précise, dans l'écorce, de tel ou tel trouble hystérique est, jusqu'à présent, bien dilïïcile en l'absence de lésions constatées anatomiquement.
La plupart des symptômes sont complexes, presque toujours compliqués par une foule de phénomènes psychologiques, qui semblent indiquer la participation simultanée de la plupart des centres corticaux. Le trouble ordinaire de la vue chez l'hystérique, le rétrécissement concentrique du champ visuel, qui peut siéger exclusivement dans un œil est dilhcile à rattacher à une altération des centres occipitiiux. L;i lésion, l'engourdissement d'un seul de ces lobes produirait l'héinianopsie homonyme des deux yeux et non le rétrécissement concentrique d'un seul côté. H y a
I. Puhlié flans la Presse médicale, le 25 octobre 1899, p. ulii.
■>.. Conférence faite à la Salpôlrièrc le aâ janvier 1896, publiée dans les Archives de ncuroloyie, n" 99, en mai 1890, et dans mon livre, Névroses cl liées fixes, i8g8, I, 2^3. Aux observations rapportées dans cette étude, il faut ajouter : les cas qui sont signalés dans le travail de Mittchell et Scbeinitz, Journal of ncrvous and menlnl diseases. New-York, janvier 189^, qui m'ont été obligeamment indiqués par M. H. Patrick, do Chicago; l'observation de MM. Laniioiset Tournier, Revue de médecine, !•''■ janvier 1896 ; les observations intéressantes contenues dans le mémoire de M. Wilfrid Ilarris. « llomianopia », IJrain, 1897, 309.