CHAPITRE IV
UN CAS DU RYTHME DE CHEYNE-STOKES DANS L'HYSTÉRIE INFLUENCE DE L'ACTIVITÉ CÉRÉBRALE SUR LA RESPIRATION'
Depuis plusieurs années, nous étudions les modifications de la respiration que présentent les malades hystériques et les divers névropathes, car ces troubles nous semblent jouer un rôle assez considérable dans l'évolution des névroses. D'un côté, on sait que les émotions ont un retentissement considérable sur la respiration et les troubles émotionnels sont au premier rang dans les névroses. D'autre part, les changements de la respiration en modifiant soit la quantité d'oxygène, soit la quantité d'acide carbonique contenu dans le sang, doivent avoir une grande influence sur l'activité cérébrale. Un physiologiste contemporain, M. R. Dubois dans ses belles études sur les marmottes et les animaux hibernants^, n'a-t-il pas soutenu que le sommeil était dû à une accumulation de CO^ dans le sang. Nous espérons montrer un jour que l'on trouve également des changements remarquables du chimisme respiratoire chez les hystériques en état de somnolence ou de sommeil. Quelques-unes de ces modifications ont déjà été indiquées par l'un de nous*. Pour le moment nous n'insistons que sur la mécanique respiratoire et sur les altérations que présentent les graphiques de la respiration pris sur des hystériques.
Bien entendu, on constate d'abord ces modifications au plus haut degré quand on prend le graphique respiratoire de malades
I. Communication présentée en collaboration avec M. Raymond au IV« Congrès de psychologie réuni à Paris en 1900, Comptes rendus du Congrès, 1901, p. ôa^.
■2. Raphaël Dubois, Elude sur le mécanisme de la Ihcrmogenhse el du sommeil. Physiologie comparée de la marmotte, 1H96.