UN CAS DU RYTHME DE CHEYNE-STOKES DANS LHYSTÉRIE
qui présentent des troubles visibles de la respiration. Nous avons déjà publié de ces graphiques à propos de contractures ou de paralysies du thorax, de l'abdomen, du diaphragme', ou bien à propos de ces accidents si curieux : les rires, les bâillements, les hoquets, les météorismes', etc. Mais il ne faut pas croire que les modifications du graphique respiratoire n'existent que dans ces cas. Après avoir pris systématiquement ce graphique chez la plupart des hystériques, môme lorsque rien de particulier n'attirait l'attention sur leur respiration, nous avons constaté des changements et des irrégularités très remarquables. En même temps, nous avons pratiqué autant que cela est possible, les mesures spironiétriques et nous avons constaté dans la plupart des cas une diminution intéressante de la ventilation. Ces recherches nous ont permis de remarquer une altération curieuse de la respiration chez une malade qui ne semblait aucunement en être affectée. Cette altération rappelle le rythme de Cheyne-Stokes et avec plus de netteté peut-être que toute autre, elle nous permet de vous présenter quelques remarques sur les rapports entre l'activité cérébrale et les fonctions respiratoires.
La malade qui fait le sujet de cette observation est une jeune fille de dix-huit ans que nous désignerons sous le nom de Léa. Son père était alcoolique et hystérique, sa mère est morte tuberculeuse, ses deux sœurs ont eu des attaques. Elle-même, depuis le début de la puberté, à quatorze ans, et à la suite de quelques émotions, a présenté un grand nombre d'accidents hystériques variés. Elle a eu des attaques convulsives, des contractures des jambes et du tronc, de l'aphonie. Pendant de longues périodes elle a été anorexique, pendant d'autres périodes elle était boulimique, mais présentait des vomissements incoercibles. Actuellement, ces divers accidents réapparaissent de temps en temps, mais le trouble principal pour lequel elle avait été amenée à la Salpêtricre consiste en attaques de sommeil avec attitudes cataleptiques. Soit après une aura qui l'avertit et lui permet de se coucher, soit tout d'un coup, surprise au milieu de ses occupations, la malade s'endort et reste immobile en gardant exactement la position qu'elle avait. Elle reste ainsi inerte pendant plusieurs heures. Ces attaques de sommeil cataleptique présentent chez elle de grandes