UN CAS DU RYTHME DE CHEYNE-STOKES DANS L'HYSTÉRIE
Nous les signalons seulement pour faire comprendre quel est l'accidont principal de la malade en ce moment. Bien entendu, Léa présente à un haut degré beaucoup de stigmates de l'hystérie: contractures incomplètes sur dillerents points du thorax, de l'abdomen ou des membres, troubles de la vue, de l'ouïe, de l'odorat, anesthésie musculaire presque complète du côté droit, plaques d'anesthésies cutanées extrêmement mobiles, mais toujours prédominantes à droite. Les troubles de l'intelligence sontcaractéristiques;
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jraphe de Verdin (Cf. Névroses et idées fixes, l, p. Sai).
— Les lignes horizontales et verticales servent de points de repère.
il y a certainement un fort degré de somnolence continuelle, et le passage, soit à l'attaque cataleptique, soit au sommeil hypnotique provoqué est très facile. La malade est extrêmement suggestible et elle est constamment troublée par deux idées fixes en rapport avec les émotions qui ont déterminé le début des accidents. On observe les amnésies localisées classiques en rapport avec les attaques et les sommeils et un certain degré d'amnésie continue qui se rattache au dernier symptùme. Ce qui domine, en effet, cet état, c'est uue extrême diminution de l'attention,
une aprosexie remarquable sur laquelle nous aurons à revenir à propos des modifications respiratoires.
Quand on examine la façon dont respire cette malade, on s'aperçoit rapidement que même pendant les périodes en apparence les plus normales, elle présente tréquemmcnt des pauses respiratoires assez prolongées qui quelquefois atteignent 'ii ou même ^9 secondes. Dans lintervalle qui sépare ces pauses, la respiration est plus active, précipitée, et souvent prend la forme de prolonds soupirs. C'est là un type de respiration assez fréquent au cours de l'hystérie', nous l'avons déjà observé chez quatre malades, aussi faut-il l'enregistrer avec plus de précision. Un très grand nombre de graphiques de la respiration de Léa, pris à divers moments, à plusieurs mois d'intervalle, pendant la veille, pendant certaines attaques, pendant le sommeil hypnotique, nous présentent toujours des caractères à peu près les mêmes : les figures 17, 18, 20 en donnent des exemples. Quoique nos graphiques soient fort irréguliers, ils rappellent certainement le rythme de respiration, décrit par Cheyne, de Dublin, en i8i6, puis par Stokes et connu sous le nom de Cheyne-Stokcs. On remarquera aussi dans ces graphiques, outre la grande irrégularité de la respiration, la discordance et parfois l'antagonisme entre la respiration abdominale et la respiration thoracitjue.
Cependant, si au point de vue du rythme, nous rapprochons cette respiration de celle de Cheyne-Stokes, nous remarquons tout de suite que le syndrome de ce nom est loin d'être ici complet. Les modifications du pouls, de la tension sanguine, des pupilles, de la sensibilité, de l'intelligence, que l'on constate quelquefois pendant les pauses respiratoires quand elles sont très prolongées, sont ici peu visibles. Le pouls nous a semblé un peu accéléré pendant les pauses, lo'i au lieu de 82 dans une observation, mais ce résultat n'est pas constant et il nous a semblé le plus souvent peu modifié, les pupilles sont constamment un peu contractées. La sensibilité est toujours fort diminuée et l'état de confusion ou plutôt de distraction est perpétuel. On pourrait dire
l. Xévroses et Idées fixes, 1898, I,.p. 826, II, p. 367, 368.