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L'AMNÉSIE ET LA DISSOCIATION DES SOUVENIRS PAR L LMOTION 5H

aui'ait de rargeiil, allons donc il ne seiait pas rentré s'il en avait... Irène, ma fille, il vaut mieux que tu meurs, la vie ne lait que commencer pour toi et tu on as déjà trop vu... La voilii, la locomotive... (elle se lève de son lit, lait quelrjues pas dans la salle et se couche par terre tout de son l<)n<^), là je suis sur les

l'ails La voilii (jui approche, elle s'arrête, il n'avance donc |)as

le train... Ah! cela va être bientôt lini, quelle chance! le voilii!... (elle pousse des cris aigus et a sur son visage une expression d'horreur vraiment tragi(|u<', puis elle retombe les yeux fermés et le cor|)s raidi. Cette immobilité ne dure qu'un instant, bientôt elle se relève assise, les yeux ouverts, et recommence S(m bavardage). Papa fait donc chaull'er la chemise à maman... 11 ne comprend pas, il est saoul. Oh, c'est épouvantable... ses yeux se sont ouverts et sa bouche aussi, personne n'a voulu l'endjrasser, et moi je n ai pas eu peur... Elle me faisait bien manger dans la cuiller oii elle avait craché pour voir si je l'aimais... Oh, son ventre est devenu tout bleu... .le ne dirai pas au médecin que j'ai bu une bouteille de laudanum et que cela m'a fait vomir... Mais cette mort ne vient donc pas. »

Des scènes de ce genre se répètent incessamment avec toutes sortes de détails nouveaux : elles sont très remarquables et à bien des points de vue, mais elles nous intéressent, surtout ici, à cause de la mémoire qu'elles manifestent. On constate, en eiïet, dans toutes ces hallucinations un certain nombre de souvenirs des plus précis.

D'abord l'image de la mère, sa figure, son costume même, soit pendant la maladie, soit même pendant l'état de santé antérieur se représentent avec la plus grande netteté. Le son de la voix, les diverses conversations, les dernières paroles parfaitement remémorées et reconnues. Autour de ces images prédominantes on peut grouper un grand nombre de faits dont le souvenir est constaté par les paroles et par les actes que je note pendant les crises : l'agonie et la mort du - juillet 1900, bien des événements antérieurs, les exigences cruelles de la mère, ses promenades quand déjà malade elle allait au Palais Royal (mai et juin 1900), l'accident de la passerelle de l'Exposition sur laquelle Irène s'est trouvée et dont elle parle fréquemment dans son délire (juin), la tentative du gascon dans sa chambre (début de juillet), la vue d'un homme qui s'est tiré un coup de revolver devant elle rue Mouffetard (juin). Puis on note des événements postérieurs à la

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mort de l;i mère, son enterrement, les rires dlrène en allant au cimetière (lui ont lait scandale, son premier essai de suicide, en absorbant une boulellle de laudanum (lo juillet i()Oo), la venue de ses oncles ii Paris, les visites iréquentes de rKxjiosition laites avec eux, la soirée qu'elle a absolument voulu passer au théâtre malgré son deuil (août et septembre), son second essai de suicide (octobre), la locomotive de la gare de Lyon qui lui a lait une si vive impression (novembre), son entrée à l'hôpital (la décembre i9t>o). Elle se figure que c'est sa mère qui l'y a conduite et elle raconte dans son délire son entrée à l'hôpital, les questions qu'on lui a faites, les malades qu'elles a vues. Tous ces récits qu'elle fait ainsi dans son délire ont pu être vérifiés et sont rigoureusement exacts.

Ces hallucinations et ces souvenirs se présentent encore dans d'autres circonstances, sans qu'il y ait une crise ou un délire proprement dit. Irène fait des tentatives absurdes de suicide : elle s'élance contre une fenêtre qui est grillée, elle cherche à prendre une bouteille de médicaments, ou à s'étrangler. Quand on lui demande pourquoi elle fait ces absurdités, c'est, dit-elle, parce qu'une voix qui est celle de sa mère et qu'elle reconnaît très bien le lui commande brutalement. De même, elle cesse de manger « parce que sa mère le lui défend » ; si elle enfreint cet ordre, elle voit la tête de sa mère dans son assiette et elle a l'idée qu'elle mange sa mère. D'ailleurs cette image de la mère apparaît à tout propos : « si je parle à quelqu'un, je suis troublée, parce que maman apparaît à sa place...; je n'ose écraser ou toucher aucune mouche, aucune petite bête, parce qu'il me semble que c'est elle, que je marche sur elle... C'est idiot, je vais finir par ne plus bouger du tout et par me laisser mourir comme cela... Le robinet d'eau criait, j'ai entendu comme si c'était maman qui criait, l'eau était son sang et mes mains étaient toutes rouges. »

Ces hallucinations lui apparaissent subitement comme un éclair au travers des actions normales qu'elles troublent. Elles ne sont nullement influencées par la volonté de la malade, qui ne peut ni les évoquer, ni les faire disparaître. Elles laissent à peine un souvenir vague pendant quelques instants : souvent nous jugeons par l'attitude d'Irène, par ses soubresauts, qu'elle éprouve un phénomène de ce genre, tandis qu'un instant après elle alFirme n'avoir été dérangée par rien. Ces diverses hallucinations qui ont lieu pendant la veille, s'ajoutent donc à tous les phénomènes

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<|iji ont été observés poiidaril l(>s crises jxjur nous muiilrer iiuo le souvenir du visage de la mère, de ses paroles, de sa mort, de tous les petits faits qui ont précédé et suivi cet événement est ■conservé avec une précision (jui semble plutôt exagérée.

Des crises et des hallucinations de ce cfenrc se rattachent évidemment à l'hystérie et doivent rire en rapport avec d'autres phénomènes de la névrose. Opondant. au moins dans la première période de la maladie, pendant le grand développement des crises, les autres accidents hystériques étaient rares. Ainsi, pendant près d'un an, Irène n'a présenté aucun trouble bien notable dans le mouvement des membres, ni paralvsies, ni contractures. Ce n'est qu'à la fin de la maladie, quand les troubles mentaux eurent été supprimés, qu'elle a eu assez souvent des contractures, surtout ii la jambe droite.

Il en est de même pour les troubles de la sensibilité qui furent rares et peu marqués pendant la première période de la maladie qui n'apparurent de temps en temps, d'une manière toujours peu accentuée, qu'à la fin en même temps que ces quelques contractures.

En efl'et, l examen des diverses sensibilités a été fait avec soin à bien des rej)rises dans les intervalles qui séparaient les grandes crises délirantes. Ainsi j'ai fait sur cette malade quebjues recherches sur la précision des mouvements en rapport avec la sensibilité kinesthésique, recherches que je ne puis étudier ici eu détail. Le sujet devrait enfiler avec une aiguille des trous de plus en plus fins percés dans une plaque métallique (filière des sondes de Charrière) sans en toucher les parois : le contact de l'aiguille contre les parois faisait résonner un timbre électrique. Chaque trou étant numéroté suivant son diamètre, on peut marcjuei' un chifl're pour le dernier trou enfilé correctement et la movenne de dix expériences peut servir ii exprimer la précision des mouvements. Je m'étais servi autrefois de ce petit appareil en 1889, dans mes cours sur l'anesthésie hystérique : je lavais construit pour mettre en évidence les modifications du mouvement en rapport avec l'anesthésie. Chez Irène cette mesure me donne comme moyenne dans une série d'expériences les chilTres de 8. 5, 10, II, 9, ce qui ne montre guère de troubles bien nets, car les individus les plus normaux arrivent très dilficilement sans une étude spéciale aux chillres de G et de 5. Si on répète cette Janet. — Hystérie. 33

m^mc expérience sui- Iiène cjuand elle est émotionuée, par exemple quaml elle vient de recevoir une mauvaise nouvelle de son père, elle n'obtient plus que les moyennes de i5, i^ ou i6. On retrouve le même changement chez d'autres sujets sains ou malades : c'est une des expériences dont je me suis servi dans mon cours de l'année dernière pour montrer les modifications des mouvements dans l'émotion.

Comme celte étude de mouvement le lait prévoir il v a peu de troubles de la sensibilité. Quand le sujet est bien calme et qu'il n'a pas eu de crises délirantes depuis quelques heures, on ne peut mettre en évidence aucune altération de la sensibilité kinesthésique. On constate aussi que, à peu près sur tout le corps, le tact est bien conservé; les mesures avec divers aesthésiomètres donnent partout, sur les bras, sur la poitrine, sur le front, sur la nuque, des chiffres à peu près normaux. Il n'y a que la région épigastrique qui présente une diminution notable de la sensibilité et à de certains moments une véritable anesthésie tactile. Les sens spéciaux sont également à peu près intacts : l'ouïe n'est pas altérée, la vue est ou semble être normale, car les diverses mesures ne montrent pas d'altérations appréciables ni pour l'acuité visuelle, ni pour le sens des couleurs, ni pour le champ visuel ; l'odorat est conservé, le goût est peut-être un peu diminué, mais il distingue encore les saveurs principales. Dans ces périodes de calme, il n'y a guère que la sensibilité à la douleur qui présente une altération permanente, car il y a constamment un degré marqué d'analgésie surtout sur le côté droit.

Il n'en est plus de même, si on examine Irène immédiatement après les grandes crises, ou pendant les périodes de fréquentes hallucinations. T/anesthésie cutanée augmente alors surtout à droite sans jamais devenir complète, elle se développe sur la jambe droite, le tronc et le bras droit, la figure et le front ont toujours paru conserver une sensibilité à peu près normale, sauf un certain degré d'analgésie. Ce qui est frappant, c'est que la sensibilité musculaire qui était auparavant bien conservée a également diminué à droite, au point que la malade oublie son bras quand on le met en l'air et présente à un faible degré le syndrome de Lasègue. Après certaines crises, j'ai observé un fort rétrécissement du champ visuel surtout pour l'œil droit, mais cela est rare et dure peu. Les sensibilités viscérales sont évidemment modifiées, car la malade refuse souvent de manger et ne

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sont plus la i'aiiii d'uno manière correcte. (]ela est ii lapjirochi'r de son anosthésie hvpogastrique, quoique je ne sois pas convaincu, comme je l'ai dit souvent, (pic 1 anorexie soit exclusivement en rapport avec l'anesthésie de l'estomac. De temps en temps, la malade se plaint d'une sensation d'étouHement et dit que sa poitrine se nhire ; mais j ai toujours constaté, niAme en employant 1 apj)aieil de Bloch (|ui mesure le moment où le sujet sent que sa respiration est gônéc, que cette sensibilité respiratoire était à peu près normale. Les sensibilités abdominales, autant qu'on peut le constater par les dires de la malade (|ui alPiinie sentir les divers besoins, sont restées correctes.

En résumé, nous trouvons évidemment quelques stigmates d'hystérie, une analgésie presque permanente et diverses anesthésies passagères, mais ces stigmates sont assez légers et ne semblent pas en proportion de la gravité des crises somnambuliques. Et surtout, comme on les rencontre semblables dans toutes les formes d'hystérie, ils ne semblent guère en relation spéciale avec ce délire particulier, cette exagération de la mémoire, ces hallucinations qui remplissent les crises si fréquentes. L'hvpermnésie semble jusqu'à présent le phénomène essentiel de la maladie.

in. Les amnésies. — Après avoir constaté ces hallucinations et cette exagération apparente des souvenirs, on éprouve un étonnement quand on entend les personnes qui conduisent la malade se plaindre d'un symptôme tout à fait inverse : « C'est, dit-on, qu'elle a oublié sa mère d'une manière invraisemblable. » Cet oubli n'est pas très évident au premier abord, car Irène, à qui on l'a reproché et qui en a honte, cherche à le dissimuler : « ,Ie sais bien, dit-elle, que ma mère est morte au mois de juillet, on me l'a dit, et cela doit être vrai, puisque je suis en deuil et que je ne la vois pas auprès de moi... Parbleu je sais bien que je devais avoir une mère et qu'elle devait me ressembler, être brune comme moi... » C'est là une mémoire verbale, intellectuelle qui dissimule un oubli véritable.

En premier lieu on constate que cette jeune fille ne pense guère à sa mère qu'elle aimait tellement auparavant et pour laquelle elle s'est dévouée d'une manière vraiment folle. Il faut insister pour l'amener à v penser dune manière volontaire et alors on constate qu'elle ne réussit pas à se représenter sa mère,

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à évoquer son image visuelle : « Autrclois, ilit-ellt-, je me représentais très bien la figure des gens, et quant à maman, je pouvais l'imaiîlner devant moi presque comme si elle v était réellement... Maintenant je ne sais plus ce qn elle est devenue, je n'y pense p;is et, quand on me le lait remarquer, j'essave de me la représenter, je ne le peux pas... De quelle couleur était-elle? Comment est-ce qu'elle était coillee? Comment est-ce qu'elle était habillée?... C est drôle, je ne puis la revoir... C'est presque pareil pour les autres figures, pour mon père, pour ma tante..., et pour vous c'est pareil, je crois toujours que vous êtes blond et que vous n'avez pas de barbe... »

Si on 1 interroge en second lieu sur la mort de sa mère, on voit qu elle sait la chose comme un événement historique, mais qu'elle ne la sent pas, qu'elle n'en a pas la conviction : « .Te ne me suis jamais mis dans la tête que maman soit morte... Que voulez-vous, je dis qu'elle est morte pour dire comme tout le monde, mais moi je n'en sais rien... Il me semble qu'elle voyage, qu'elle va revenir, qu'il n'y a pas lieu de s'en préoccuper et je n'v pense plus... Si on frappe à la porte, si la porte s'ouvre je sursaute, je crois toujours que c est elle qui entre... D'ailleurs, si elle était vraiment morte, j'en aurais un chaf,'rin énorme, car je ne l'ai jamais quittée et je l'ado)'ais... et cela ne me fait rien... » 11 y a là une curieuse séparation de la mémoire intellectuelle et de la représentation sensible et profonde.

Ce défaut de conviction se joint ii une amnésie véritable qui d'ailleurs en est la raison d'être. La notion de la mort de la mère n'est dans son esprit qu'une idée tout à fait abstraite, réduite à son squelette et tout à fait dépourvue de ce cortège de souvenirs, de représentations de toute espèce qui forme dans notre esprit les crovances et les sentiments. « Ma mère est morte de phtisie, répète Irène, le médecin l'a dit... Elle a du mourir chez elle dans son lit... Je ne sais pas si j'y étais... J'ai dû pourtant la soigner... Papa à dû être insupportable comme toujours... » C'est tout ce qu'on peut en tirer sur un événement qu'elle décrit d'une manière si dramatique, quand elle est en délire. Sur toutes les scènes invraisemblables qui se sont passées pendant cette nuit, on ne peut obtenir aucun détail : l'oubli en est absolu.

11 en est exactement de même, si on remonte en arrière et si on interroge la malade sur les événements (jui ont rempli le début de juillet, les mois de juin et de mai. Les soins donnés à sa

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pii'r«^ les iiHjiii»''tii<lt's, les nuits [»;iss«''es à tiavaillt'r auprès d'elle, les dettes, riiiconduito du père, etc., tout cela lui est absolument inconnu. I.o fjascon riait un ami de son père, qui se saoulait avec lui. et quelle n'aimait guère, c'est tout ce qu'elle en sait.

I/ouveiture de I Kxposition. la rupture de la passerelle sont des choses dont elle ;i pcul-ètie entendu parler, mais qu elle ne connaît pas autrement, l'.n un mot. si Ion excepte les souvenirs surajoutés parce qu'elle en a entendu parler depuis, on ne peut lui laire retrouvei- la mémoire d'aucun des événements qui ont eu lieu pendant les deux mois qui ont précédé la mort de sa mère, truand on reinonte plus haut, I amnésie est moins nette : liène retrouve évidemment queh[ues souvenirs relatifs au mois de mai's et au mois de lévrier. Mais encore laut-il que ces souvenirs li aient (jue tiès peu de rapport avec sa mère, car alors ils sont oubliés également. Ainsi elle ne sait pas si sa mère se levait ou si elle restait couchée à cette époque, elle ne se souvient pas des premiei's vomissements de sang survenus pourtant en janvier à la suite d'une scène assez caractéristique avec le père... l,a limite de cette amnésie rétrograde n'est donc pas absolument nette, comme on la observé dans certains cas : lamnésie est complète pendant deux mois et demi h peu près, puis elle devient plus vague, mais elle s'étend encore en arrièie au moins sur trois mois d'une manière incomplète et systématique.

Si nous examinons maintenant les faits postérieurs ii la mort de la mère, nous constatons exactement le même trouble : Irène ne sait pas si on l'a emmenée à l'enterrement; l'arrivée de ses oncles à Paris, les visites faites avec eux à l'Exposition sont oubliées ; en un mot. les mois d'août, de septembre et d'octobre n'existent pas pour elle. Sur les événements postérieurs elle garde fjuehjues souvenirs très confus. D ailleurs on constate facilement la raison de ces derniers oublis, car on note constamment chez elle à un haut degré ce trouble de la mémoire que j ai décrit sous le nom d'amnésie continue. Irène est entrée à l'hùpital en décembre et elle a paru sur le moment très bouleversée par cet internement. Mais au bout de peu de jours, elle était tout à fait indifl'érente, et maintenant, elle ne sait plus du tout quand elle est entrée, à quel propos, qui la conduite, si elle a été affligée oui ou non. Il lui send>le qu'elle a toujours été ici et qu elle n'a été émue par rien. Les différents événeriients du service ne

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rimpressioiineiit guère, elle ne parvient pas à retenir les noms des personnes qui l'appi'ochent, ni leur figure, en un mot les premieis mois de son séjour à l'hùpilal sont remplis par une amnésie continue qui s'ajoute à l'amnésie rétrograde précédente. A cùté de l'hvpermnésie qui remplit les crises, il faut donc faire place à une amnésie non moins grave qui remplit la veille.

Suivant une convention dont je me suis déjà servi dans plusieurs ouvrages', je représente cette amnésie par le schéma de la fiorure 21. Le triangle inférieur ombré représente le développement de la mémoire et son accroissement régulier, les taches noires représentent les amnésies : leur date d'apparition est indiquée par la coordonnée horizontale qui représente le cours du temps et les souvenirs.

IV. La Restauration des souvemhs. — I>e fait intéressant sur lequel je désire appeler ici l'attention c'est la coïncidence singulière de l'hallucination avec hypermnésie et de l'amnésie. Il est évident que les deux troubles opposés portent exactement sur les mêmes pensées. Ce sont tous les événements relatifs à la mort de sa mère qui sont oubliés, ainsi que les faits environnants survenus à la môme époque et en réalité inlimcment mêlés avec cette mort, et ce sont exactement les mêmes événements dont l'image extrêmement détaillée et précise devient envahissante pendant les crises. La figure de la mère si complètement oubliée pendant la veille est celle qui réapparaît avec une telle intensité dans les délires, dans les terreurs et dans toutes les hallucinations.

Il semble qii il v ait une étroite dépendance entre ces deux faits et je l'avais déjà notée dans des observations précédentes. M™* D... cette femme bouleversée par un mauvais plaisant qui lui avait annoncé brusquement la mort de son mari, avait complètement oublié cet événement et avait même présenté à ce propos une amnésie rétrograde de plusieurs mois-. Mais j'ai pu mettre en évidence chez elle des hallucinations extrêmement fréquentes et difficiles à connaître, car la malade les oubliait immédiatement et ne pouvait les signaler elle-même à l'observateur. A tout instant elle voyait réapparailie l'individu et l'entendait lui

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