‹ L'état mental des hystériquesChapitre 219 sur 290 · A\AA//A · texte numérisé non relu

A\AA//A

flvr.t

AA

AA

YA

Ma'» '.

AA/AAAA/

AA

aA

BBHBBBIBBn

Jl»,..r

j.-f.Vc,

Ottol't

^cpU~l

aAaa/

Ao.^t

^«iariB "^

j-.rc.t

.==31 iB -;:ïaB

F 1 !/lr|/^^^^|/

YY

Ma^

Av^.f

/Aar*

A^.-'^^AAAy^.A''-AAAAAAAA/\^y 'A/A/

YY

A\ AAiJ d fi^s 0 -N II 0 F r^/\r^3v f^ s o/\' V d r /^/Kj^vvJ< s OATVJ F /^a

Figure 21.

de faire varier l'un d'entre eux pour voir si l'autre présentera des modifications parallèles. Quand j'ai étudié ce problème sur M"* D,.., j'ai cherché à modifier le premier élément, l'idée fixe entretenant l'émotion, j'ai cherché à décomposer cette idée, à diminuer son importance et son caractère émotionnant ; le résultat a été fort net, l'amnésie a diminué dans la même proportion. A propos de ce cas nouveau présenté par Irène, je me suis proposé de faire 1 expérience inverse, de modifier uniquement

.•520 ÉTUDES SIH DINERS SYMPTOMES IIVS I ElUiJlES

1 ainiH'sio pour voir si rii;tlliK'iiiutioii se inodilifiail dr la inrino manière.

Irène était ilepuis trois mois ;i 1 hô|)ital sans (|iie les traitements orilinaires. les toniijnes. rhvclrotliera|tic, (juel(|ues exercices i;vmnastit|ues, 1 électricité stati(|ue et l'isolement de son milieu aient amené aucune modilication dans son état : les crises délirantes semblaient plutùt augmenter de fréquence et de durée, l'amnésie rétrograde était complète et l'amnésie continue presque complète. Préoccupé à ce moment d'une autre catégorie de malades, les j)svchasténiques, je ne m'étais occupé de cette jeune tille (jue |toui' faire le diagnostic de son état et pour picndre l'observation à son entrée. Pour réaliser l'expérience que je me proposais de faire, je ne m'occupai aucunement ni des crises, ni des hallucinations, je ne dirigeai aucunement l'attention de la malade ni sur les mouvements, ni sur la sensibilité qui du reste était peu atteinte, je considérai Irène uniquement comme une amnésique et je cherchai seulement par une éducation dirigée dans ce sens à raviver ses souvenirs.

Chez une malade hvstérique, avant déjà des crises de somnambulisme naturel, il était tout indiqué de rechercher les souvenirs pendant les périodes de sommeil hypnotique ou de somnambulisme artificiel si analogue au premier. Il ne fut pas dilPicile, comme on le prévoit, d'hypnotiser cette jeune fille : son état psychologique très instable se laissait facilement modifier. Elle entrait dans des états psvchologiques différents de son état de veille habituelle, pendant lesquels elle présentait une activité mentale suffisante pour comprendre les questions et y répondre, pour être facilement suggestionnée, mais dont elle ne conservait aucun souvenir quand elle revenait à son étal précédent : ce qui est pour moi la définition d'un état hypnotique. Cette amnésie du sommeil hvpnotique était plus complète et plus rapide que son amnésie ordinaire des événements de la veille, elle disparaissait dans un nouveau somnambulisme, car Irène suivant la loi commune retrouvait alors nettement le souvenir du somnambulisme précédent, ces états présentaient donc tous les caractères essentiels des états hypnotiques.

Je dois dire que l'examen de ces premiers étals hypnotiques me causa une déception : dans ces états Irène ne retrouvait pas du tout les souvenirs perdus pendant la veille. Peut-être la dernière partie de l'amnésie, celle qui portail sur les événements récents

LAMNKSIK 1:T I,A DISSOCIATION DES SOLVEMRS PAR I. I.MOTION 521

él:iit-<'ll<' un peu moins c<)inj)l("'te. mais ramiH'sif localiséo et rétrograde de la mort de la mère etdcsdt-iix mois id'écédents n'avait

subi anciinc niodilication.

ï^a constatation de cette amnésie persistant pendant le somnambulisme provof|ué donne lieu ii deux remarques intéressantes. D'aboril il est curieux de voir((ue de tels souvenirs réapparaissent d'une façon si complète pendant la crise tléliiante et (ju'ils sont tout il lait absente pendaril le somnambulisiiK^ j)rovoqué. Ce fait se rattache aux remarques que j ai déjà faites auti'cfois sur le nombre et la variété des états somnambuliques. H y a chez ces malades instables, dont la conscience est toujours incomplète,d'innombrables formes d'existence psychologique ou si l'on prél"«'re des formes variées de l'activité cérébrale. Leur vie dite normale n'est d ailleurs qu'une de ces formes aussi incomplète que les autres, tout au plus un peu plus stable'. Il sulfit que ces (ormes d'équilibre mental soient assez distinctes les unes des autres pour déterminer des diflerences de mémoire et elles lormeront autant de somnambulisme ou d'existences psychologiques. Dans le cas de notre malade il était facile de voir que le somnambulisme déterminé par des pratiques hypnotiques différait du somnambulisme de la crise par un point très important. Pendant sa crise Irène ne m'entendait aucunement, ne me répondait pas, et n'avait aucune conscience du monde extérieur. Dans son état hvpnotique elle était encore très isolée puisqu'elle ne voyait rien et n'entendait aucune des personnes étrangères, mais elle avait son attention dirigée sur ce que je lui disais, elle me répondait et m'obéissait. Cette différence semblait être sulfisante pour empêcher pendant l'hypnose la réapparition des souvenirs de la période oubliée.

La deuxième remarque que nous suggère l'oubli pendant l'hypnose des souvenirs atteints par l'amnésie rétrograde est relative au diagnostic de ces amnésie's rétrogrades et continues chez les hvstériques. Quand Charcot étudiait le cas remarquable de ^1'"'' D.... il voulait établir comme caractère essentiel de ce syndrome la réapparition immédiate des souvenirs pendant l'hypnose. Il refusait d'assimiler au cas de M"" D.., le cas d'une de mes malades. Marcelle, parce que chez elle les souvenirs ne revenaient pas immédiatement pendant l'hypnose. Nous allons voir

Page 1