I.E TRAITEMENT PSYCHOLOGIQUE DE L HYSTKRIE
E. — Caractère subconscient des idées ii\es.
Il reste à insister sur un dernier caractère des idées fixes de forme hystérique qui m'a semblé particulièrement important au point de vue th»'*rapeutique. Ces idées, surtout l'idée primaire qui joue le principal rôle, ne sont pas toujours nettement connues parle malade lui-même. 11 ne se rend compte que d'une manièie imparfaite et souvent il ignore tout à fait l'obsession qui le tourmente et qui détermine à son insu tous les accidents. Mais comment pouvons-nous dire que cette idée existe, puisque le malade n'en a pas conscience. Parce que cette idée est exprimée par le malade d'une manière extrêmement nette à certains moments particuliers, tandis qu'il n'en cqnserve pas le souvenir dans les intervalles. Dans les attaques, dans les délires, dans les somnambulismes surtout, il nous explique clairement l'obsession qui le tourmente d'une façon continuelle.
Pendant la veille même, l'écriture ou même la parole automatique, qui se produit sans que le malade la sente, nous manifeste la même préoccupation. Ce sont ces faits que j'ai essayé de résumer en un mot en disant (|ue chez l'hystérique l'idée fixe était très souvent siibconsciente. Ce mot ne doit soulever ici aucune querelle philosophique. Il ne s'agit pas de chercher si l'esprit est ou n'est pas divisible, si ces idées conservent, oui ou non, une forme particulière de conscience, ces questions sont tout à fait inutiles au médecin. Ce mot « subconscient » exprime simplement pour lui un fait et un fait incontestable, c'est que le sujet peut exprimer son idée fixe à de certains moments et dans de certaines conditions et qu'il ne le peut absolument pas dans les autres. On connaît bien ce caractère clinique des fugues hystériques : le sujet ne peut raconter sa fugue et les raisons qui l'ont déterminée que si on le met en état de somnambulisme. Eh bien, ce même caractère clinique se rencontre dans les idées fixes qui déterminent des attaques, des paralysies, des anorexies, etc., c'est là un fait banal dans l'hystérie, qu'il est nécessaire de connaître, non seulement pour traiter, mais même pour diagnostiquer avec précision un accident hystérique.
En résumé, il faut se souvonii- f|ue l'idée fixe des hystériques