‹ L'état mental des hystériquesChapitre 254 sur 290 · LE TRAITEMENT PSYCHOLOGIQUE DE L HYSTI.RIE · texte numérisé non relu

LE TRAITEMENT PSYCHOLOGIQUE DE L HYSTI.RIE

bre de remarques. On peut dire (lu'uii traitement local, fnt-il heureux, sera toujours insulHsant, puis({u'il laisse subsister une disposition à l'engourdissement cérébral, c'est-à-dire une diminution des fonctions de synthèse, une grande suggestibilité et une prédisposition souvent formidable h retomber dans des accidents semblables ou équivalents à propos de la moindre émotion nouvelle. Cela est très vrai et nous aurons à en tenir compte, quand nous parlerons du traitement général. Mais, comme on vient de le voir, la prédisposition générale n"a pas toujours une telle importance : l'idée fixe, l'émotion particulière, jouent souvent un rôle bien plus important. Nombre de malades restent encore hvstériques sans doute, mais sont singulièrement soulagés, quand ils sont débaiiassés d'une idée fixe qui entretenait un accident grave. Il v a des hystériques qui conservent toute leur vie cette su£f£restibilité, cette faiblesse de synthèse et même quelques stigmates et qui n'en sont pas autrement incommodés si on guérit l'idée fixe et l'accident particulier quand il se présente. De tels malades ont ainsi des années de répit dont la considération nest pas insignifiante.

On pourra ajouter que ce traitement local est inutile, parce que le traitement général suffit à lui seul, en modifiant l'état psychologique dans son ensemble, à supprimer les idées fixes et les accidents particuliers et à prévenir leur retour. Il y a encore dans cette opinion quelque vérité, au moins au point de vue théorique. J'ai montré souvent que l'on peut déterminer chez les hvstériques des états dans lesquels l'activité cérébrale est complètement restaurée, le champ de conscience élargi, la synthèse reconstituée. Dans ces états on constate non seulement la disparition des stigmates, des anesthésies, des paralysies, des troubles moteurs, mais encore la disparition de la suggestibilité. La pensée, reconstituée dans son ensemble, ne permet plus ce développement exagéré et indépendent d'un système psychologique qui constituait la suggestion et l'idée fixe. Si l'on pouvait pratiquement rendre un tel état définitif, il n'y aurait plus lieu de se préoccuper du traitement local. Si on peut se permettre une pareille comparaison, il n'y aurait plus lieu de se préoccuper du traitement local d'un abcès tuberculeux, si l'on pouvait rendre tout d'un coup et définitivement l'organisme réfractaire à la tuberculose. L'abcès local disparaîtrait tout seul par le simple effet (\i- l:i m(»(lific:ation ifénérale.

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