‹ L'état mental des hystériquesChapitre 257 sur 290 · C. — Inconvéments de ces pkocédés · texte numérisé non relu

C. — Inconvéments de ces pkocédés

Mais le sont-ils réellement et surtout le seront-ils fréquemment par ces procédés? Sauf dans des cas très rares, on voit l'accident recommencer au bout de peu de temps, car, il est rare que l'idée fixe ait été définitivement détruite par ces méthodes, elle n'est arrêtée que pour un moment dans ses manifestations. Pour l'arrêter de nouveau, il faudra aujxinenter la menace ou l'émotion et

on ai-rive vite à des choses impraticables. D'autre part, les malades qui cèdent d'abord h une première surprise, s'entêtent ensuite dans leur résistance et l'entêtement hystérique ressemble h une véritable aliénation. Certaines malades deviennent comme des enfants que Toh tuerait plutôt (]ue de les faire céder, et il faut

Ja.vet. — Hvsli'rio. ^i

,-,4» LE TRAITEMENT PSYCHOLOGIQUE DE LllYSTÉRIE

bien se garder Je s'exposer à une lutte où le médecin finira toujours par avoir le dessous.

D'autre part, ces procédés ne peuvent tMre appliqués que dans des circonstances très particulières. Nous n'avons pas toujours un presti<Te sulîisant pour produire une émotion intense à une heure dite. Les malades n'ont pas toujours une foi sullisante pour (Mre émues par les pèlerinages. Quand ces procédés ont échoué une première fois, il est impossible de les renouveler. Enfin les idées fixes les plus gra<\es sont, comme on l'a vu, très souvent subconscientes et ne sont que peu atteintes par les raisonnements ou par la volonté du malade ; les punitions deviennent bien vile, dans ce cas, injustes et inutiles. Aussi croyons-nous que ces procédés peuvent être surtout employés par la famille des malades au début de Thvstérie, mais que le médecin, lorsqu'il est appelé plus tard, aura assez rarement l'occasion de réussir par des procédés aussi simples.

L'isolement.

A. — Le traitement pak l'isolement.

Charcot a mis en honneur un procédé thérapeutique déjà connu sans doute, mais qu'il a beaucoup vulgarisé. « Je ne saurais trop insister, dit-il, sur l'importance capitale que j'attache à l'isolement dans le traitement de l'hystérie, où, sans contestation possible, l'élément psychique joue dans la plupart des cas un rôle considérable quand il n'est pas prédominant. Il y a près de quinze ans que je suis fermement attaché à cette doctrine et tout ce que j'ai vu depuis quinze ans, tout ce que je vois journellement ne fait que me confirmer de plus en plus dans cette opinion'. » Le procédé est très simple, il consiste tout simplement à retirer le malade de sa famille, de son milieu habituel et à le transporter brusquement dans un endroit tout à fait inconnu pour lui. L'hydrothérapie offre justement un prétexte commode pour justifier ces changements de domicile. Cet isolement, dans la pensée de Charcot, doit être complet, le malade ne doit plus voir personne

I. Charcot, Œuvres, III, pp. 238, 2/^4, et Leçons du mardi, I, p. 117.

L'ISOLEMENT Gî.l

de sa famille, clans certains cas, il ne finit même pas irccvoir des r.ouvelles de ses |)arents. M. Oulmont' montre bien comment une lettre snrverunMnal ;i propos peut détiuirc toiil 1 liciirrux eiret de cette th«''rapenfi(jne.

Il est certain que ce prctcédé peut qiiel(|uelois, à lui seul, avoir de bons résultats, j'ai vu des malades excitées et délirantes chez elles devenir calmes et raisonnables soit à l'hôpital, soit dans un établissement d'hvdrothérapie et, au bout d'un certain temps, les accidents cesser d'une laçon plus ou moins définitive. Ajoutons (jue le procédé n'est pas aussi piMiiblc pour les malades que l'on serait dis[)osé à le supposer. Fdles ont une disposition d'esprit rpii les porte à oublier vile et à regretter peu la maison et la famille Va nous j)ouv<>ns conclure que l'isolement a une puissante et heuleuse iniluence.

B. — Les avantages esYcnoLor.iQUEs de l'isolement.

Dans des cas fort nombreux, les malades trouvent avantaire à quitter le milieu où ils vivaient parce (jue ce milieu était mauvais, (^est dans leur iamille, dans la présence de certaines personnes, dans les conversations que se trouve l'origine de leurs idées fixes. Ces idées fixes sont sans cesse éveillées et alimentées par des faits journaliers et ne peuvent que grandir dans le milieu où elles ont' pris naissance. Tel est le cas de cette famille adonnée aux pratiques du spiritisme dont parle Charcot". Tels sont les cas où la conduite du père ou de la mère, ou des querelles de famille, des reproches, des remords sont l'origine de 1 idée primaire. Le malade emporte sans doute son idée avec lui, mais il v pense moins souvent dans un milieu différent, qui ne l'excite par aucune association d'idées, et il finit par l'oublier dans les cas favorables.

L'isolement peut aussi également, dans certains cas seulement, être considéré par le malade comme une chose pénible, une sorte de punition. Pour obtenir la permission de rentrer chez lui, il fera des efl'orts pour combattre ses accidents, pour appliquer son attention à ses mouvements, à ses sensations et ces efl'orts d'attention du malade, cette volonté de guérir, de se mouvoir, de sentir, sur-

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