I. Automatisme, psychologique, Yf
LES ANESTIIÉSIES 61
crois pas pouvoir l'expliquer ; voici par quelle suite de phénomènes j'essaye seulement de le représenter. Les deux sensations symétriques D et G sont très semblables ; pendant les périodes d'hypo-esthésies elles ont été confondues et à ce moment, comme on vient de le voir, il n'y avait plus de distinction des deux côtés du corps. Il en est résulté une association entre ces sensations, telle que la présence de D amène dans l'esprit l'image de G et réciproquement. Le sujet plus sensible pourrait maintenant les distinguer l'une de 1 autre, mais par suite de l'association précédente, il ne les a pas isolément dans (esprit mais toujours successivement. Par une illusion, je ne sais laquelle, peut-être par cette loi qui nous lait accorder plus d'importance au phénomène final d'une série et oublier le signe quand nous tenons la chose signifiée, il oublie la première sensation provocatrice D, il ne la perçoit pas dans son champ de conscience, il ne saisit que l'image évoquée G. Cette image étant assez nette, il la localise bien, mais elle correspond seulement au point symétrique du point excité'.
On s'étonnera peut-être de me voir insister un peu sur ce petit lait; on verra plus lard, quand nous parlerons du mouvement, qu'il se retrouve dans plusieurs circonstances et qu'il est indispensable de le bien connaître pour étudier un phénomène qui a beaucoup intéressé les observateurs, celui du transfert.
6" Anesthésies des sens spéciaux. — Je passe sous silence les anesthésies du goût, de l'odorat, de l'ouïe dont les caractères sont connus. On sait que la dernière est fort rare et presque toujours unilatérale^. On sait aussi que ces anesthésies laissent subsister des phénomènes subconscients incontestables. Quoique Witm. ait une anesthésie complète de l'oreille gauche et paraisse ne rien entendre quand l'oreille droite est bouchée, on peut cependant lui faire alors des suggestions verbales qui seront très bien exécutées à son insu.
7° Anesthésie du sens visueL — Il est impossible d'examiner ici tous les troubles de la vue qui ont été l'objet de travaux remarquables et très connus. Je ne désire insister que sur un point particulier qui m'a toujours vivement intéressé, le rétrécissement du champ K>isuel. Le champ visuel est un ensemble, un
1. Je regrette de ne point connaître les travaux qui ont di\ être faits précédemment sur l'allocliirie hystérique. Je ne sais si mes observations et mon hypothèse se rapprochent de celles qui ont déjà été faites.