TRAITEMENT DE LA FAIBLESSE MENTALE
ment du dressage des sujets. Une seule chose est assez fréquente, sans être générale, et il est bon d'en être prévenu, c'est que les grandes nioililications de la sensibilité chez les hvstéri(jues déterminent clic/ certains sujets de violentes douleurs île tôte. Nous ne pouvons ici disculcr leur nature ni le siège de ces douleurs, très variable ilaillcuis suivant les idées du sujet, et même suivant celles de son médecin. 11 ne laiit pas trop redouter ces douleurs, qui sont souvent suivies d'une amélioration manifeste, il ne faut pas non plus les rendre trop violentes, et, quand elles se présentent, il faut attendre un peu, laisser le sujet se reposer et ne terminer qu'en plusieurs séances la restauration de la sensibilité. Dans certains cas j'ai du ajouteiaux pratifjues j)réccdentes l'usage de l'excitation par l'électricité. Enlin, si toutes ces opérations peuvent être faites avec succès pendant la veille des malades, il est évident, d'autre part qu'elles sont beaucoup plus faciles et plus rapides pendant le somnambulisme provoqué. Dans beaucoup de cas j'ai dû commencer par provoquer le sommeil hypnotique, afin de rendre le sujet plus suggestible et de diriger plus facilement son attention avant de chercher à restaurer les sensibilités par les méthodes précédentes.
Telles sont les méthodes d'.TSthésiogénie qui se sont peu à peu simplifiées, et qui me servaient comme à beaucoup d'autres auteurs pour déterminer l'état de « somnambulisme complet ». 11 est évident que la production d'un état semblable joue un grand rôle dans le traitement de l'hystérie, puisqu'il sulfirait pour guérir ces malades « de les laisser indéfiniment dans cet état' ».
F. — Résiltats de l'.esthésiogénie.
Malheureusement cette guérison, en apparence si complète et si facile, n'est pas toujours de longue durée. Burq avait déjà étudié l'anesthésie de retour après l'usage des plaques métalliques et j'ai insisté autrefois sur l'amnésie qui accompagne cette anesthésic de retour. On est donc obligé de recommencer l'usage des mêmes pratiques, qui d'ordinaire, il est juste de le remarquer, ont un effet plus facile et plus rapide quand le sujet est
I. Antomatistnc psychologique, p. i35. Cf. Jnlos .lanct, Reuuc scientifique, i88î<, 1, p. 6i8.
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67i LE TRAITEMENT PSYCHOLOGIQUE DE LHYSTERIE
accoutumé à leur usage. Mais les rechutes n'en sont pas moins perpétuelles, à peu près comme on l'observe chez les sujets dont on a cherché à modifier les idées fixes.
Dans bien des cas ces rechutes, ces réappaiitions de l'anesthésie et des accidents hystériques sont déterminées par la reproduction de certains états d'émotion systématique analogues à des idées fixes ; ils répètent sans cesse une des émotions graves qui ont marqué le début de la maladie et qui viennent de nouveau dissocier l'activité cérébrale dont l'unité a été si péniblement restaurée. L'.x'sthésiogénie ne doit donc pas nous empêcher de nous préoccuper de ces idées fixes, qui jouent un rôle considérable et bien souvent les méthodes précédentes dirigées contre l'idée fixe elle-même devront être associées aux pratiques aesthésiogéniqu'es.
Une des grandes dilficultés que rencontre l'emploi des pratiques aesthésiogéniques, c'est la faiblesse de l'attention des malades. S'ils ne reprennent pas la conscience de leurs sensations, c'est qu'ils ne peuvent pas faire les efforts d'attention suffisants. S ils perdent certaines sensations quand ils en ont recouvré d'autres, c'est qu'ils ne sont pas capables de conserver à la fois dans li'ur conscience un si grand nombre de phénomènes, quelles que soient d'ailleurs la nature et la localisation de l'engourdissement cérébral qui détermine cette impuissance. Il serait donc important de pouvoir réveiller chez l'hystérique non seulement la sensibilité, mais la fonction de l'attention et de la synthèse mentale.
G. — Éducation de l'attention.
Poui' développer une fonction, nous n'avons guère à notre disposition qu'un moyen pratique : c'est l'exercice, la gymnastique. On sait l'influence énorme que ces procédés ont sur les fonctions motrices, on n'ignore pas qu ils peuvent avoir la même action sur les fonctions intellectuelles. L'éducation des imbéciles et des idiots en est une preuve saisissante. Pourquoi n'arriverait-on pas à transformer de même des malades atteints, eux aussi, d'une sorte d'imbécillité morale ?
Mais il faut que le traitement gymnastique porte exactement sur le point lésé. Il ne s'agit pas d'infirmité sensorielle ni d'insulfisance de la mémoire automatique: ce sont des imbécillités