‹ L'état mental des hystériquesChapitre 274 sur 290 · TRAITEMENT DE LA FAIBLESSE MENTALE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA FAIBLESSE MENTALE

do la v(jlonté, de Vattention, du jugement, de toutrs les f<jnctions de synthèse mentale.

Sans doute on peut soumettre ces fonctions à une éducation simple et j^énérale, exercer la volonté, exiger quotidiennement des elVorts gradués. Faute de mieux, la gymnastique proprement dite, surtout la gymnastique rythmée et les travaux physiques auront une heureuse influence et on pourrait certainement développer ces exercices dans un sens utile. Mais ces efforts sont, à mon avis, insuffisants ; ces travaux sont pour la plupart faciles, toujours les mêmes et permettent le développement si dangereux de la rêverie, de l'automatisme cérébral ; ne peut-on agir dune façon plus directe ?

11 existe à propos de la plupart des névroses un préjugé lort tenace. On croit que ces esprits faibles et en aparence surmenés ont besoin de repos, et on leur prescrit une inaction absolue (ju'ils acceptent très volontiers. Cette opinion peut être souvent juste et. dans bien des cas de neurasthénie vraie, déterminée évidemment par un travail cérébral excessif, la préparation d'un concours par exeitiple, le repos du cerveau aussi complet que possible dcviendi'a nécessaire. Mais en est-il ainsi chez les hystériques, chez ces psychasténiques obsédés que l'on prend à tort pour des neurasthéniques ? Ces individus ne font rien depuis des années, ils ne savent que rêver continuellement.

Est-ce qu'une inertie cérébrale aussi prolongée n'est pas aussi dangereuse que Tiramobilisation indéfinie d un membre après une entorse, ou une fracture ? C'est ce que j'ai pensé et c'est ce que j'ai voulu vérifier par l'expérimentation. Depuis plusieurs années j'ai essayé de soumettre des hystériques à une méthode de traitement qui consiste ii les faire travailler cérébralement d'une manière régulière, comme des enfants à l'école.

Je ne puis indiquer ici les détails et les difficultés souvent considérables de ce traitement', je les signale en deux mots. Il est bien difficile de les faire accepter par le malade et même par son entourage qui préféreraient infiniment une potion bien compliquée. Il est délicat de choisir la nature de ces travaux. Ils ne doivent pas être trop faciles et dégénérer en simples exercices de mémoire automatique; ils doivent nécessiter un effort d'atten-

1. Histoire d'une idée fixe, l'éducation de l'esprit. Reçue philosophique, février i8()^, p. i5i, Névroses et idées fixes, 1898. I, p. lyS.

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tion et ne pas permettre la rt^verie. D'autre part, le travail ne doit pas ôtre trop pénible, trop dépourvu d'intérêt pour le malade. Us ne doivent pas étie trop prolongés, surtout au début, où un quart d heure d'attention peul déterminer des migraines ou des attaques. Enfin de tels travaux demandent une surveillance et un dévouement constant de la part de celui qui se fait l'instituteur de ces esprits malades.

Dans des circ(>nstances favorables, j'ai pu me faire comprendre par la mère ou par le mari des malades qui ont exécuté l'ordonnance d'une façon intelligente. J'ai pu faire faire aux malades, d'une façon graduelle, des études d'histoire, des traductions de langues étrangères, de la peinture, de la musique, etc., et j'ai obtenu- dans bien des cas des résultats curieux et encoura créants.

De telles pratiques imposent d'abord au malade une vie réglée, dont tous les instants sont occupés par un travail ou par une action déterminée à l'avance. Les malades perdent l'habitude de cette existence « oisive et monotone qui, comme dit Lasègue, se prêtent merveilleusement au libre jeu des imaginations déréglées' ».

Tous les phénomènes psychologiques qui dépendent de la synthèse mentale s'accroissent évidemment, et l'on voit parallèlement les anesthésies disparaître, la suggestibilité décroître. J'ai vu bien souvent des hystériques traitées de cette manière, reconnaître elles-mêmes le début des idées fixes, les arrêter par un effort, par un travail qui fait diversion, tandis que quelques mois auparavant il aurait fallu les traiter par la suggestion hypnotique.

Dans ces cas les rechutes deviennent plus rares et il devient facile d'écarter les séances d'hypnotisme et les séances d'œsthésiogénie. On peut habituer les sujets à rester sans accidents pendant des semaines, et on ne les endort que de temps en temps, à la fois pour surveiller l'apparition de quelque nouveau rêve subconscient et pour encourager les sujets dans leurs ellorts.

Dans certaines observations particulièrement intéressantes, j'ai même vu disparaître l'aptitude à l'hypnotisme, comme beaucoup d'anciens magnétiseurs l'avaient déjà remarqué autrefois. Mais ce retour complet à l'unité de l'esprit, qui nous montre la disparition

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