‹ L'état mental des hystériquesChapitre 280 sur 290 · LE TRAITEMENT PSYCHOLOGIQUE DE LHYSTÉRIE · texte numérisé non relu

LE TRAITEMENT PSYCHOLOGIQUE DE LHYSTÉRIE

néralisent à tous les muscles du membre. En outre, j'ai obseivc qu'un état mental assez spécial coïncidait souvent avec la contracture, c est une sorte de délire de résis/ance, d'entêtement qui modifie l'aboulie ordinaire des malades. Certains sujets, à ce moment, ont des entêtements inexplicables et involontaire, ils ne peuvent arriver à triompber d'un caprice pas plus qu'ils ne peuvent arrivera détendre leurs muscles, et, quand Fentétement moral cède, on sent la contracture céder également, La contracture est donc en rappoit avec beaucoup de phénomènes psycholooiqucs et le traitement moral de ces accidents est presque toujours très délicat.

Le procédé le plus usuel, le massage, agit dans ce cas surtout d'une manière morale en faisant naître dans la conscience des sensations kinesthésiques et en forçant le sujet à en prendre conscience. Il est bon de le pratiquer d'abord avec douceur, car il est souvent fort douloureux, surtout au commencement où la contracture cède. Un massage qui ne détermine pas ces douleurs reste souvent sans effet. Il est bon, quand cela est possible, de pratiquer le massage pendant le somnambulisme et ce procédé réussit d'autant mieux que l'opérateur a déjà plus d'ascendant sur le sujet'.

Les idées fixes qui tiennent les contractures sous leur dépendance doivent être soigneusement recherchées ; par exemple on se souviendra que la contracture des cuisses en adduction chez la femme est très souvent, je ne dis pas toujours, en rapport avec des troubles de la sensibilité génitale et avec un état émotif particulier. En cherchant à détruire ces idées fixes, on tiendra compte de l'entêtement dont je viens de parler ; l'isolement du sujet, une grande influence du médecin et souvent, à mon avis, le sommeil prolongé sont ici particulièrement utiles.

Quand les contractures ont été défaites, il faut empêcher leur réapparition qui se fait d'ordinaire très vite, surtout si quelque muscle est encore resté partiellement contracture ou anesthésique. Il faut éviter les mouvements brusques, les émotions, les conversations (jui pourraient rappeler au sujet son accident. Quelquefois les contractures sont si tenaces qu'elles réapparaissent

I. Note sur quelques spasmes des muscles du tronc chez les hystériques et sur leur traitement. La France médicale, 0 décembre 1895, Névroses et idées fixes, 1898, I, p. 273.

TRAITEMENT l'SYCIlOLOr.IOLE DE OUELOL ES ACCIDENTS G8.j

régulièrement à la lin (h; la [x'riode d'iiilliience s()iniianihiili(}uc comme les idées fixes. 11 faudra un traitement complet de la synthèse mentale (jui permettra un écartement graduel des séances de sonuiainitiilisme.

II serait trop long d'étudier le traitement des diveises loiines de conliaeture, je rappelle seulement l'importance du massage de rabdorncM et de la gymnastique respiratoire pour les contiactures si ini|i()iiaiil('s du diaphiagme et de l'abdomen.

E. — Les ATTAQUES. — Les somnamim i.ismes.

Il est inutile de revenir sur la démonstration si souvent faite de l'analogie des attacpies et des somnamhulismes. Ce sont pres- (jue toujours des idées capables d'exciter vivement les émotions qui se reproduisent j)ériodiquement dans l'esprit en amenant toujours les mêmes manifestations émotionnelles et en se développant plus ou moins complètement en dehors de la conscience personnelle du sujet.

Chose curieuse, c'est ceitainement la pratique ré[)étée du somnambulisme provo(|ué (|ui est le meilleur moven de guérir le somnambulisme naturel. A des phénomènes subconscients qui se développent au hasard et avec indépendance, on substitue des phénomènes subconscients bien réglés que le médecin dirige à volonté. Aussi le premier point du traitement, quand on se trouve en présence de grandes attaques plus ou moins mêlées de somnambulisme, c'est de substituer à ces phénomènes le sommeil hypnotique.

Je n'estime guère pour ma part la plupart des procédés employés pour arrêter l'attaque, et je redoute en particulier la compression ovarienne, qui m'a semblé bien souvent l'origine des idées fixes relatives aux organes génitaux, et de diverses hyperesthésies. L'attaque étant d'ordinaire sans grand danger, il est souvent plus sage de la laisser évoluer en prenant simplement les précautions d'usage. Cependant, quand cela est possible,je trouve excellent que le médecin cherche à entrer en relations avec Ihvstérique, pendant son attaque et pendant son délire. On peut quelquefois, en lui mettant la main sur le front, ou sur les yeux, attirer son attention, car on sait que les phénomènes psvchologiques ne sont pas absents pendant l'attaque.

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