‹ L'état mental des hystériquesChapitre 279 sur 290 · C. — Les paralysies · texte numérisé non relu

C. — Les paralysies

Le traitement psvchique des paralysies hystériques a été magistralement décrit par Charcot. On sait comment il soumettait les malades à une gymnastique graduellement progressive du membre paralysé en leur faisant, voir sur un dynamomètre les progrès qu'ils accomplissaient. Il faut, en effet, s'eifprcer de faire rentrer dans la conscience, dans la perception personnelle du sujet, des sensations kinesthésiques, des images motrices qui sont devenues subconscientes. La gymnastique et surtout l'efTort de l'attention qui l'accompagne permet le plus facilement de modifier cette anesthésie et cette amnésie. Dans certains cas il sera plus facile de commencer les mouvements dans l'état somnambulique, il sera utile de faire faire simultanément des mouvements avec le membre sain, de forcer le sujet à bien regarder son membre pendant qu'il essaye de le remuer, de provoquer le mouvement par d'autres images, en particulier par les images visuelles. Les mouvements commandés doivent être autant que possible précis et délicats ; en un mot, la gymnastique raisonnée et attentive non seulement des mouvements violents niais surtout des mouvements délicats, telle que 1' raenkel propose de la pratiquei' dans le tabès, aurait, je crois, encore plus de succès dans bien des cas d'hystérie.

Un traitement analogue doit êtie appliqué à bien des tremblements, des chorées, des abasies qui sont des paralysies incomplètes ; il servira plus souvent qu'on ne le croit généralement dans bien des troubles viscéraux qui dé[)endent également d'anes-

TRAITEMENT PSYCHOLOGIQUE DE nUELQUES ACCIDENTS 6H3

t'iésies et de paralysies des viscères. Il est des hystériqufs auxquels il faut apprendre de nouveau à respirer, à manger, à déglutir et même à uriner, car bien souvent des anesthésies et dos amnésies de ces mouvements jouent un rôle dans les vomissements, dans l'anorexie, dans les sufiocations, dans le météorisme, etc. En attirant l'attention sur les mouvements du pharvnx, sur ceux du thorax, de l'abdomen, en leur faisant sentir ces mouvements chez les autres, en les dressant à les répéter, on guérit quelquefois des hystéries viscérales qui semblaient très tenaces.

Il est inutile de répéter que tous ces traitements seraient inutiles si on ne se préoccupait pas comme toujours de l'idée fixe initiale qui dans certains cas entretient et reproduit sans cesse l'émotion systématique cause de la paralvsie. Il est plus utile de faire remarquer que certaines impotences d'apparence paralytique se compliquent souvent de petites contractures qui passent inaperçues, mais qui rendent les mouvements douloureux. C'est, dans ces cas, la crainte plus ou moins consciente de la douleur qui détermine une impuissance motrice, une « akinesia algera», comme on la dit à propos des phénomènes analogues. Il faudra, bien entendu, faire disj)araitre ces contractures par le massage pour que le sujet ne redoute plus les mouvements.

D. — Les contractures.

Les contractures constituent un des phénomènes les plus importants de l'hvstérie ; non seulement elles peuvent siéger sur un membre d'une manière bien visible, mais encore elles interviennent dans une foule d'autres accidents en apparence différents. De petites contractures partielles, à la langue, au pharynx, au thorax, au larvnx, à l'oesophage, à l'abdomen et même aux viscères abdominaux amènent bien des accidents qui ne sont pas toujours bien compris; c'est en particulier ce qui arrive souvent dans les cas de vomissement hvstérique et dans les diverses dysesthésies. Ces contractures sont, bien plus qu'on ne le croit généralement, en rapport avec des phénomènes psychologiques, c'est-à-dire avec des anesthésies et avec des états émotifs persistants. Beaucoup d'entre elles sont, au début, des contractures systématiques directement déterminées par une émotion systématique subconsciente, et ce n'est que plus tard qu'elles se gé-

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