‹ L'état mental des hystériquesChapitre 4 sur 290 · J.-M. CHARCOT · texte numérisé non relu

J.-M. CHARCOT

Paris, le i novembre 1892.

INTRODUCTION

« T/hystéric est une maladie générale fjul modilie l'organisme tout entier'. » Si elle trouble la nutrition et toutes les fonctions physiolooi(|ues, elle trouble aussi les pbénomènes psychologiques qui sont l'une des fondions de l'organisme. Ce sont ces perturbations psychologiques produites par 1 hystérie dans l'état mental des malades considéré comme une fonction des centres supérieurs de l'encéphale que je désire examiner dans cet ouvrage. Il n'y a pas lieu de recommencer ici l'antique querelle du physique et du moral, qui, au point de vue scientifique, est tout à fait oiseuse. Le médecin constate simplement des phénomènes qui se produisent chez les malades ; il les considère tous comme aussi réels les uns que les autres, ou ilu moins comme des expressions d'une réalité inconnue, et il cherche seulement à établir entre ces faits les liens d'un déterminisme rigoureux. Quelles que soient donc nos opinions métaphysiques, l'étude du moral d'un malade doit faire partie de sa description clinique, et les relations des phénomènes psychologiques entre eux ainsi que leurs relations avec les faits physiologiques doivent être minutieusement recherchés. C'est ainsi seulement que la médecine pourra concjuérir la connaissance de l'homme tout entier et comprendre des maladies qui all'ectent tout l'organisme.

Des recherches antérieures sur les phénomènes automatiques de l'esprit m'ont conduit à étudier des malades hystériques qui présentent ces phénomènes avec le plus haut degré de netteté. Ces travaux, ou du moins quelques-uns d'entre eux, ont été réunis dans une thèse philosophique présentée à la Sorbonne en l88ç). Je voudrais les reprendre aujourd'hui à un point de vue diiVérent. Au lieu de rattacher accidentellement la description

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