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satisfaite que lorsque je lui ai expliqué leur usage. Peu de temps après, elle retombe clans eet état morne qui lui est habituel. Huit jours et même quinze jouis |)lus tard, je n avais qu à lui demander ce ([u'elle avait vu axer moi dans le cabinet, pour quclb^ imdécrivit exactement les fragments de l'apjjareil éleclri(|ue. \u contraire, tous les événements survenus dans l'intervalle, lussent-ils frappants comme une visite de ses parents, ou tout ii fait récents comme les laits <le la matinée, étaient absolument oubliés. C est donc bien 1 altération de la perception qui est cause de l'altération de la mémoir<' ultérieure. Et d ailleurs nous avons tenu ;» vériliei' le l;iit par Tobseivation ; mais on aurait pu le prévoir par le raisonnement. La mémoire n'est que la conservation d'une synthèse faite autrefois; il est clair que la mémoire n'existera pas quand la svnthèse n'a pas été formée ou bien quand elle s'est faite à demi, et reste instable et fragile. La mémoire est une lonction corporelle, dit-on, les souvenirs sont en {juel(|ue sorte entrés dans l'organisme : sans aucun doute, mais encore faut-il cju ils aient été organisés. Fonder des souvenirs, créer des habitudes est une des prérogatives de l'activité mentale'. » C'est dans ce cas que les souvenirs sont le plus complètement absents, qu'ils sont vagues et dilficiles à retrouver même dans les états, subconscients. L'oubli et la localisation de l'amnésie dépendent ici de l'état de l'esprit au moment où les souvenirs ont été acquis.
2° L'oubli peut dé[)endre, non de létat passé, mais île l'état actuel du sujet, au moment oii il cherche à évoquer les souvenirs et à les rattacher ii sa personnalité présente. Marguerite n'a d'ordinaire qu'une amnésie légère : elle est capable, par effort d'attention, de retrouver à peu près tous les souvenirs, sauf ceux des crises et des somnambulismes. Mais, à de certains moments, sa mémoire paraît se détruire complètement; elle ne se rappelle plus rien, elle oublie même les faits de la vie courante dont elle a ordinairement le souvenir. A cette diminution de la mémoire, comme au rétrécissement plus grand du champ visuel, on peut pronostiquer chez elle qu'une attaque est proche. Plus tard, elle décrit bien elle-même cet état: « Je sais bien maintenant |)ourquoi je ne me souvenais de rien, c'est que je ne pouvais pas chercher, je ne pouvais pas suivre une idée, ni la tenir, ma tète était
1. Aboulie et idées fixes. Revue philosophique . 1891. I, p. 3ç\'6.
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vide. » Les amnésies de ee o;enre sont ordliiaii-einenl oénérales, et |)i>rteiit ii peu près sur ti)us les genres de stMi\t"nirs ; ainsi ijue tiuites les autres eepeiulant, elles suppriment seulement la perception personnelle des souvenii's (pii se manileslent très facilement d'une façon subeonseiente. C est ici l'état présent de [esprit qui détermine l'amnésie du passé.
3" Il existe une forme d amnésie bien étrange qui fera longtemps encore le tourment des psychologues, c est une forme d amnésie localisée. I amnésie rétrograde. M. Kibol a commencé l'étude de ce phénomène quand il a [)arlé de la loi de régression des souvenirs '. Il a montré que les souvenirs récents étaient moins stai)les que les anciens, sans pouvoir entièrement donner la raison de ce fait. M. Sollier a compris l'inlérèt de ce curieux problème; il a ajouté queUjues remarques intéressantes et ingénieuses à son intei-prétalion -. Par exemple, il a repris l'examen des lois indi(|uées par M. Rlbol ; il a cru trouver dans la répétition j)lus fré(]uente des souvenirs anciens la raison de leur stabilité plus grande. Ainsi qu'il l'a su|)j)osé, avec un peu trop de subtilité à mon avis, le malade étend son amnésie sur une période correspondant à la durée présumée de l'accident qui l'a frapj)é, et, par une illusion, il se représente cette durée plus grande qu'elle n'avait été en réalité. Il a aussi fait une remarque qui doit être quelquefois vraie, c'est (pie l'accident cause de l'amnésie doit être associé avec les faits rpii l'ont précédé et préparé et qu'il les entraine avec eux dans le même oubli. M. Sollier doit penser comme moi que ce ne sont pas la des e\|)iicalions délinitives et qu'elles ne s'applicjuent (jue de temps en temps à des cas tout particuliers.
Je n'ai pas non |)liis d Cxplieation de lamnésie rétrograde : je désire seulement attirer I attention sur un détail du phénomène. Ce genre d'amnésie est beaucouj» plus Irécpjent cpiOn ne le croit; il accompagne presque toutes les autres amnésies localisées. Les anciens magnétiseurs l'ont souvent remarqué et M. Bernheim a insisté récemment sur ce point': presque tous les somnambulismes provoqués, même les jdus courts, s'accompagnent d'amnésie rétrograde. Voici un exemple du fait : J'emmène Berthe