‹ L'état mental des hystériquesChapitre 45 sur 290 · I. Automatisme ps}cUnlo'jiqut\ p. ïo · texte numérisé non relu

I. Automatisme ps}cUnlo'jiqut\ p. ïo

lOi LES STIGMATES MENTAUX

qu elle ii est pas iiéeessaire, et que, dans certains cas, elle peut être rompue ; alors Ton comprendra pourquoi je considère cette explication de l amnésie comme particulière et limitée à certains cas particuliers.

Ces études sur quelques formes particulières d'amnésie son* donc bien loin d'être complètes, car le phéjiomène est extrêmement complexe et variable ; elles confirment seulement notre conclusion générale, en nous expliquant comment la perception personnelle incapable de rattacher tous les éléments à l'ensemble de la personnalité, néglige de percevoir telle ou telle catégorie d images. Elles nous montrent ({ue quelquefois on peut soupçonner pourquoi tel groupe de souvenirs est particulièreuient laissé de côté ; mais elles nous montrent aussi que beaucoup d'influences complexes et peu connues interviennent pour déterminer ce choix.

CHAIMTKF m LES ABOULIES

Le mot aboulie (i, H;j"/.r,) (l»''si<>ii<^ diiiu' l'açon générale les altérations, les (liiniiiutioiis de l;i volonté, il s'applicjiie ii la paresse, à l'hésitation, à riinpiiissance dans les actes, comme k la lenteur, à l'indécision, à l'ahscnce d'attention [)our les idées. Ce caractère est bien connu des aliénistes (|ni l'ont observé très développé (Jiez beaucoup de leurs malades, chez des intoxiqués, par exemple, soit par l'opium, soit par l'alcool, chez des neurasthéni({ues délirants, chez des mélancoliques. Certains malades, surtout, appartenant ii un «rjoupe encore mal déterminé, semblaient avoir le privilège de cette altération de l'esprit, et on a appelé leur état « la folie du doute ». Tout en reconnaissant que ce caractère aj^partient bien réellement à tous ces malades, je crois qu'il ne leur est pas propre. L'aboulie, sous toutes ses formes, est une des lésions les plus communes dans les alï'aiblissements de l'esprit : c'est pourquoi on la constate également dans l'hystérie.

Je crois même que ce svmptùme jone dans l'hystérie un rôle capital, d'abord parce (ju'il est très général et intervient plus ou moins dans beaucoup de phénomènes importants, comme dans la suggestil)ilité, ensuite parce que son degré de gravité plus ou moins grand modifie beaucoup le pronostic de la maladie. Pour montrer que ce caractère mérite d'être considéré comme un stigmate de l'hystérie, je choisirai, pour l'étudier dans ce chapitre, des hystériques incontestables présentant tous les symptômes classiques. Les sujets dont je parlerai ne sont pas seulement des abouliques, ce sont les malades qui ont déjà été étudiés dans les chapitres précédents et qui ont présente des attaques, des anesthésies, des amnésies, enfin tous les symptômes classiques. Une seule pourrait soulever quelcpies discussions, c'est la malade que je désigne sous le nom de Renée. Pour moi. elle est

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un»' hvstérique oxtnMncniont iiitérossaiitc ; mais \o rccMumais (luo ni ses (listraolions, ni ses tics, ni même ses atta(|iies. n ont la forme elassit|ne. Si donc le lecteur tient ii se montrer fort sévère sur le diagnostic de 1 hystérie, je le |)rie de su|t|)i'imer les (|uel- (jues ilétails (|ue je ilonnerai sur Renée : cela ne modilieia en aucune lacon les conclusions "énérales.

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ET ri.ASSIFIllVTKIN.

Les hystériques se présentent au premier abord sous deux aspects dilTérents : les uns sont remuants, agités, gais comme Marguerite, les autres sont calmes, rêveurs, mélancoliques comme Berthe. Celle-ci se rapproche en elFet du tv|)e qui a été a|)pelé rhystérie mâle mais ipii existe aussi chez la femme. Au fond, ces deux types reviennent ii peu près au môme : ces deux femmes ne sont plus bonnes à rien ni l'une ni l'autre. Elles ont perdu toute activité sérieuse et utile. Si rt)n interroge les parents sur le début de la maladie, le récit est toujours le même; on a commencé à s'apercevoir qu'elles ne pouvaient plus faire leur ouvrage. Briquet avait déjà remarqué que ses malades perdaient absolument le goût du travail et que le retour de l'activité était une marque de guérison'. Il est facile de vérifier cette remarque. Cette paresse, en effet, était extraordinaire chez Renée qui, pendant deux ans, a été incapable de faire quoi que ce soit, même de coudre un bouton ii sa r<d)e ou d écrire une lettre ii ses parents : (( Ne me demandez pas cela, disait-elle, le moindre travail me paraît un tour de force. » « Je veux bien essayer, me disait une autre, Miiz.. mais dès que je commence ;i travailler un peu, il me semble que j'ai reçu des coups sur tout le corps. » « Je me demande, disait Berthe, comment |)euvent bien s'y jirendre les gens (|ui travaillent un [)eu. » Il v a bien peu d'exceptions qui peuvent quelfjuelois s e\[)lif|uer soit par I idée fixe de gagner quelf[ues sous, comme chez Maria, soit j)ar une manière tout automatique de travailler (jue nous aurons ii signaler. Cette paresse si frappante de toutes ces jeunes filles, en apparence robustes, ne doit pas être considérée uniquement comme un trait de leur caractère personnel. On ne s'expliquerait pas pourquoi

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