Paul Hicher, op. cit., p
•S. Gilles do la ïoureltf;, op. cit., p. !i')C).
I\. Hinot, iîi-clierchos sur los mouvements volontaires dans l'anesiliésie hystérique, Revue phUosophifjiic, i8^<j, II, p. 470.
LtS TROUBLES DL MOUVEMENT «43
et () à gauche. La faiblesse va disparaitie, au contraire, si ou excite vivement l'attention par tous les niovens, en Taisant regarder les malades, en leur montrant le mouvement et en leur faisant remuer la main plusieurs fois avant (ju'elle ne serre, etc.
.l'ajouterai seulement une rcmar(jue générale pour montrer l'analogie de ce fait avec ceux qui ont été étudiés dans le chapitres précédents. Ces chillres, mar(|ués par le dvnamomètre, me paraissent tout à lait étonnants et je trouve que la pluj)art des auteurs les accept<;nt sans manifester une surprise sulHsante. Si nous donnons le dynamomètre à serrer à des hémiplégiques, à des amyotrophiques, nous obtenons aussi ces chidres de 5 à lo. Ici, ils ne nous étonnent pas, car nous savons bien que nous avons alVaire à des infirmes et leur faiblesse éclate dans toutes leurs actions. Mais nos hystéri(|ues qui nian|uent 5 et lo ne sont pas, comme eux, des infirmes ; elles cousent, elles travaillent, portent <les pa([uets sans aucune gêne apparente. Un exemple expli(|uera ma pensée : Célestine est une robuste fille de la campagne, habituée aux gros ouvrages et qui demande comme une faveur lapermission de balayer et de frotter énergiquement les parquets. Elle est brusque, et quand les choses ne sont pas à son goût, «lie secoue les lits, les change de place et enlève d'un seul bras dé lourds fauteuils de bois. Elle a des colères terribles et, dans les asiles où elle a été, elle a rossé des hommes vijroureux. J'arréte cette jeune fille au milieu de son travail et je lui donne à serrer le dynomomètre. Elle est absolument anesthésique des ■deux côtés du corps et ne serre le dynamomètre qu'en regardant. L'instrument marque en moyenne (l'expérience a été faite bien des fois) 9 à droite et 5 à gauche, même quand elle regarde. Eh bien, je dis fjue ces chifï'res sont en contradiction complète avec ce que je lui vois faire à chaque instant. Pour m'en rendre compte, j ai essayé moi-même, et (|uolque je mar(|ue 5o au même dynamomètre, je suis incapable d'enlever comme elle les fauteuils et les lits. Le même fait peut être constaté d'une manière plus précise par l'expérimentation. Mais il faut avouer (ju'il est îilors moins frappant. Marguerite est absolument anesthési(|ue du côté droit et si je lui demande de serrer le dynamomètre de la main droite sans regarder, elle ne fait aucun mouvement et l'instrument reste à o. Mais on sait (|ue je puis pro\o(|iier chez elle des mouvements subconscients de son bras droit. Si je lui fais serrer ainsi le dvnamomètre subc<»nsciemment de la main droite
iU LES STIGMATES MENTAUX
sans quelle le sache, le inouvemeiil est réel et inar(|ue lo ou i». Ce n'est pas beaucoup et on peut reniar(|uer (|uc les mouvements subconscients pi(>vo(|ués de cette manière restent faibles, mais c'est bien plus (|ue o.
11 se passe donc chez riiystéri(|U(' une modilication sj)éciale <|uand on la met en e.ipe/ience, (juaiid on la prie de faire attention, de serrer un instrument de faç;on \>olontaiie et personnelle pour montrer sa propre force. Elle ne la retrouve plus, elle ne peut plus en faire usage de cette manière, (juol(jue celle force existe bien réellement et se dépense sans compter dans tous les actes de la vie courante, quand la malade ne cherche pas à s'en rendre com[)te. C est tout à lait le caractère (|ue nous avons vu sous le nom d'aboulie.
Cette amvosthénie est donc en rapport avec la faiblesse de l'action volontaire. Une ancienne remarque de M. Féré peut nous • expliquer cette dépendance ; il a montré que la pression dynamométrique, c'est-à-dire l'efiort brusque et momentané est faible chez les nègres, chez les ouvriers emplovés à des professions uniquement manuelles et qu'il ne devenait puissant que chez les hommes adonnés à des professions libérales ; en un mot, il a démontré que la plus grande énergie de l'efï'ort momentané coïncidait avec la plus grande activité des fonctions intellectuelles'. Cette proposition parait inexacte si on l'applique à la force d'un mouvement quelconque, elle est cependant juste si on en restreint l'application à la puissance de l'efiort conscient et volontaire. S'il en est ainsi, personne ne sera étonné de voir la puissance musculaire si faible chez les hystériques, si faible surtout de leur coté insensible. Leur puissance d'attention est minime et elles ne savent pas concentrer toutes leurs énergies sur un acte momentané. Leur force variera automatiquement suivant (jue les pas sions ou les habitudes réuniront sur une même action une plus ou moins grande quantité de phénomènes psychologiques ; mais il ne dépendra pas (Celles d'employer, à un certain moment, cette force dune manière consciente et volontaire.
Tous les phénomènes (|ue je viens d'étudier peuvent donc être considéiés comme des phénomènes moraux. L'un d'eux, l'indécision et l'alaxie des mouvements, jjcul se rattacher en paitie à l'anesthésie, mais tous les autres sont des manilestations immé