‹ L'état mental des hystériquesChapitre 67 sur 290 · I. Lasègvic, Études médicales. I, p. tjo.'i · texte numérisé non relu

I. Lasègvic, Études médicales. I, p. tjo.'i

Lucie linmobilt's peiuhint la nuit; beaucoup reniucnf, bouleversent leur lit ou se lèvent mai«i;ré robscurité complète.

Cette paralysie spéciale des membres anesthésiques et non regardés n'est donc pas absolument continuelle et n'affecte pas tous les nnuivenients ; elle se comporte en réalité comme tous les stioinates et il faut rechercher ici également dans (luelles conditions les phénomènes sont conserves.

On peut constater même expérimentalement cette conservation des mouvements et elle se montre de la laçon la plus simple et la plus décisive dans le phénomène si curieux que Lasègue a décrit sous le nom de catalepsies partielles. On connaît bien cette disposition étrange que prennent les membres d'un malade pendant les attaques de catalepsie naturelles ou provoquées'. Si on touche les membres, on s'aperçoit qu ils sont extrêmement mobiles et pour ainsi dire légers, (|u ils n'ollrent aucune résistance et que l on peut très lacilement les déplacer. Si on les abandonne dans une position nouvelle, ils ne retombent pas suivant les lois de la pesanteur, ils restent absolument immobiles ii la place où on les a laissés. Les bras, les jambes peuvent être mis dans toutes les positions, même les plus étranges, qu'ils gardent sans les modifier ; aussi a-t-on comparé tout naturellement ces sujets ii des manne(juins de peintre rjue Ton plie dans tous les sens.

Déjà les premiers auteurs qui se sont occupés de la catalepsie avaient remarqué que cet état peut n'être cjue partiel, c'est-ii-dire n'exister que dans une partie du corps du sujet, tandis (|ue le reste du corps est employé ii de tout autres actes et présente des caractères tout différents. Un bras, par exemple, se comporte comme s'il était le bras d'une personne en catalepsie, tandis que le sujet tout entier, loin d'être dans cet état, rit et cause sans se préoccuper de ce que devient son l)ras^ Lasègue a été plus loin, il a montré que ce phénoihène n'était pas rare, que ce n'était pas une attaque partielle, mais un caractère normal des nuMnbres anesthésiques que le sujet ne regarde pas. On a vu (|ue le bras droit de Marguerite semble incapable d'edectuer aucun mouvement quand elle ne le regarde pas et que les muscles paraissent extrêmement flasques, il suffit cependant (jue je lui prenne ce bras a son insu ot f[ue je le mette en l'air dans une position (juel-

1. Paul HicliPr. La t/ramlr hystérie. i88.'), pp. 28.'} otCuo.

2. Saint-Uourdiii. Traili- de catalepsie, i^^'ir. pp. 29 et.")!)

LES TROUHI.KS hl MOINKMKNT l^i7

conc|ue, le bras reste imm1^>l)il»' dans la j)()siti(>ii où je l'ai mis et les muscles se contraeteiil pour eouservei' au membre cette attitude. Si je louclic le bras de nouveau, je puis très racilt-mcul le mettre dans une position nouvelle, il v restera éfralement'.

Le caractère le [)lus important de ces poses catalepti(jues, c'est leur persistance, leiii' durée. Le bras ne change pas spontanément la position où on la mis et si Ton n intervient pas pour la modifier, il la conserve indéfiniment, .lai vu souvent de telles attitudes persister sans changement bien a|)piécial)lc vin^t minutes, une demi-heure. MM. l^inet et Féré en déeiivent (|ui ont tluré une heure-. Pendant t(tut ce temps, le bras n'oscille pas, ne trcFuble pas, ne send>le |»as niodilié par la latioiie. Au bout d'un certain temps, un t|uartd heure le plus souvent dans nos expériences, on voit les muscles se relâcher peu à j)eu et le bras descendre lentement, sans secousse, et en conservant assez régulièrement l'attitude primitive jusqu'à ce f[u'il soit tombé complètement, ce ipii est fort long. Pendant tout ce temps, le sujet parle d'autre chose, remue ii son gré les autres membres et ne se préoccupe pas du tout de ce (jui se passe dans son bras sus|)en(lu en I air. Le plus souxent. il n é|)i'ouve aiiciiiie laligue, aucun sentiment désagréable ; (juehiuel'ois il se plaint d'éprouver une sorte de tension pénible dans les muscles du côté opposé resté sensible. Quand on lui parle de son membre catalepti(jiie, sans lui permettre de le regarder, il ignore abscdument où est son bras ni ce (ju'il fait, il dit ((u'il l'a oublié, ou bien il se contente d'une réponse banale : « Mon bras, il doit être bien tranquillement sur mes genoux. » Si on avertit le sujet que son bras n'est pas sur ses genoux et si on le prie de l'y remettre, il est incapable de le faire consciemmment et volontairement et ne peut pas plus, sans regarder, changer ces attitudes cataleptiques qu'il ne pouvait précédemment remuer son bras qui pendait immobile. Enfin, si on lui permet de retourner la tête et de regarder son bras qui est en l'air, il est étonné de ce qu'il voit et il le baisse immédiatement. H j)eut maintenant remuer son bras comme il le veut, le remettre même dans la position précédente, mais il ne l'y maintient plus de la même manière. « La sensation de fatigue reparait en même temps que la vue est rendue à sa libre activité

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