‹ L'état mental des hystériquesChapitre 77 sur 290 · lliarcol. MalaïUes du syslhne nerveux . Hl, p. 1 i i · texte numérisé non relu

lliarcol. MalaïUes du syslhne nerveux . Hl, p. 1 i i

permet à la oontraoture de se prolonger jusqu'à épuisement de la force physique des organes. Cet épuisement, malgré l'absence du sentiment de fatigue, est si réel que toute contracture, comme toute catalepsie prolongée, est suivie d'un état paréticpe du membre.

Après avoir constaté les analogies, il ne faut pas cependant méconnaître les différences : la catalepsie et la contracture sont deux formes différentes d'actes subconscients. Dans la contracture, il semble que les images motrices soient' encore moins conscientes, encore plus séparées de la perception personnelle du sujet qui est tout à fait incapable de les ressaisir. Ces images isolées sont moins disposées à se systématiser, à former des groupes autour dune image prépondérante, elles manifestent moins d'électivité et reconnaissent moins bien le maître ordinaire; elles obéissent uniquement à des procédés plus brutaux, le massage, la traction continue : en un mot, elles sont moins intelligentes. Comme on le verra plus tard, l'obéissance cataleptique dépend d'un certain groupement intelligent des images subconscientes, d'un rudiment de seconde personnalité. Dans la conti-acture, ce groupement existe beaucoup moins ou même n'existe pas du tout. C'est une autre forme, plus avancée, de la désagrégation psychologique.

Je n hésite pas à avouer que ces dernières considérations sont fort hypothétiques : en dehors des cas de suggestion et de dressage évident, il est bien difficile de dire pourquoi l'acte subconscient se manifeste tantôt sous une forme, tantôt sous une autre. Une seule notion générale demeure évidente, c'est que ces altérations du mouvement sont, comme les précédentes, des conséquences des phénomènes subconscients et se rattachent, par conséquent, comme tous les autres troubles du mouvement aux stigmates mentaux de l'hystérie.

CIIAIMTIU-: V LES MODIFICATIONS Dl CARVCTÈHE

L'étude du caractère des hystériques avait, pour beaucoup d'auteurs, une grande importance, car ils réunissaient sous ce titre tous les phénomènes psychologiques présentés par les malades. Ces phénomènes très nombreux ont déjà été l'objet dans ce livre de quelques études distinctes et seront encore analysés à propos des accidents et des idées fixes. Le caractère hystérique devient donc ici un sujet d'études beaucoup plus restreint et bien moins important. Je ne puis étudier sous ce titre que lesjnodijcations générales piodnit.e-s par les stigmates psychiques dans l;i j)ensée et^ dans la conduite .

Même pour faire cette étude restreinte, il faut prendre quelques précautions; le caractère dépend beaucoup de l'intelligence primitive des malades, du milieu où ils ont vécu et de leur éducation. L'hvstérie peut frapper des personnes très différentes, des riches et des pauvres, des intelligentes et des sottes, des vertueuses et des vicieuses. Il ne faut pas mettre sur le compte de la maladie des traits de caractère qui auraient été exactement les mêmes si la nvaladie n'était pas survenue. Il ne tant donc décrire que les modifications du caractère, les transformations que la maladie a visiblement amenées avec elle dans la conduite des malades. Il faut encore se garder d'un autre danger : l'hystérie expose les malados a de nombreux accidents mentaux, surtout a des idées fixes et à des impulsions. Ces phénomènes tout accidentels, extrêmement variables d'un sujet à l'autre, ne sont pas des traits de caractère et dépendent moins de la maladie ellemême que de certaines circonstances extérieures. Je tâcherai d'éviter ces deux dangers en décrivant l'intelligence, la volonté et la sensibilité de ces malades. Je crois qu'après les études précédentes il faut insister très peu sur l'intelligence et la volonté et décrire plus complètement les émotions et quelques-

17i LES STr.MlATES MENTAUX

faits particuliers aiixqiiols la tiailitioii ai-roidc iiik^ cortaiiio importance.

s? I . MonUlCATIONS l>K t.'iNTFI.Lir.FNCE F.T DF INACTIVITÉ.

i( .Vprès (le nombreuses attaques, dit Hiiquet, la j)Iupait dos hystéri(]ues éprouvent dans leur intelligence des alttMations ; telles perdent de leur mémoire, leur faculté de s'appliquer diminue notablement; elles deviennent incapables d'une attention quelque peu soutenue... Quelques-unes deviennent pesantes et ont perdu notablement de leur intelligence'. » Quelles que soient les illusions que puissent causer la vivacité apparente et même quelques facultés brillantes plus ou moins sauvegardées, je crois que l'opinion de Briquet est juste dans sa généralité. Non seulement après de no?nbreuses attaques, mais à peu près dès le début de la maladie, l'intelligence des malades est amoindrie. Bien entendu, cet amoindrissement est tout relatif et ne peut être apprécié que par les personnes qui ont antérieurement bien connu les malades.

Cette diminution porte principalement sur un élément spécial de l'intelligence, le pouvoir de progresser et d'acquérir des notions nouvelles. Ce n'est que peu à peu et très tard que les hvstériques rétrogradent véritablement; mais, dès le début, elles cessent de se développer. Toute instruction est arrêtée, quel que soit l'âge du sujet. Louise, jusque-là excellente élève de sa pension, cesse de pouvoir rien comprendre et rien apprendre vers l'âge de ii ans; depuis 3 ans, elle a traversé diverses périodes de sa maladie, mais n'a pas récupéré le pouvoir de s'instruire; si elle ne guérit pas, son instruction sera définitivement arrêtée à l'âge de ii ans. Il en est de même pour toutes les autres, mais à différents âges, et cet arrêt, cette fixation de l'esprit à une date ne contribue pas peu à donner aux malades leur aspect spécial, et à produire en général chez elles cet esprit enfantin que nous allons remarquer dans toute leur conduite.

Cette incapacité d'instruction nouvelle est liée à des phénomènes qui ont été longuement étudiés, par exemple à la difficulté ou à l'impossibilité de l'attention. Il est inutile de revenir sur

Page 1