Pitres, Leçons rlinir/urs sur l'hystérie. II. p. '-'y^H
LA SL(;(ÎESTION ET I.ES ACTES SlliCONSClENTS "iol
osMcces de sensiitions fausses. On lui (ait entendre ainsi le son <les cloches, des chants, des fanfares, on lui fait voir des fleurs, <les oiseaux, sentir des odeurs, apprécier des goûts, soulever des fardeaux imaginaires, etc. l'.ii un mol on provoepie dans sa c(tnscience tous les phénomènes (|ui d Ordinaire correspondent à des impressions réelles faites sur les dillérents sens. Ces Judlucinations sont ordinairement violentes et aussi vives que seraient de véiitahles sensations. Quelquefois, au contraire, rhallucination sera faible, en apparence lointaine, et pourra se comporter comme un souvenir faux plutôt que comme une sensation fausse. « Dans le somn;iml)ulisme et l'hypnotisme, disait autrefois M. Taine', le patient qui est devenu très sensible à la suggestion ■est sujet à de semblables illusions de la mémoire; on lui annonce qu'il a commis tel crime et sa figure exprime Ihorreur et l'effroi. »
Les mouvements et les hallucinations suggérées sont des phénomènes du même genre qui s'accompagnent à peu près continuellement et présentent un développement parallèle-.
3" Su^fi;esfio/is comjdexes. — Les suggestions sont rarement aussi primitives, elles renferment presque toujours un certain nombre d'images et de mouvements. Si Ton suggère à Berthe qu'elle est au bal, elle cesse de voir la chambre où elle se trouve et les objets qu'elle renferme, c'est la partie négative de la suggestion ; eUe voit une salle de bal, des personnes, des costumes, elle rit, elle salue et danse, etc. II v a là un ensemble considérable de phénomènes psychologi([ues (|ui se développe dans son •esprit. On trouverait dans tous les ouvrages de nombreux exemples de ces suggestions ({ui se compli(|uent spontanément. C'est là ce qui rend souvent ces rêves mimés si amusants (|uand on a affaire à un sujet vif et assez intelligent. Je ne veux insister que sur un point, c'est l'association étroite qui existe entre les différents éléments de ces rêves. Quand, à plusieurs jours d'intervalle, on répète au même sujet la même suggestion, on obtient à peu près exactement la même scène : les mêmes actes, les mêmes paroles se produisent au même moment. Il v a là une série de faits enchaînés les uns aux aulies d'une façon pres(|ue indissoluble.
I. Tainc, IntrUifjcncf. 3" éclit., 187?^, II. p. 2'i'. 3. Aulomalisme psychologique, p. ^f^X.
iOi ACCIDENTS MENTAUX HES HYSTÉRIQUES
Quelquel(»is. cette union île phénomènes (IKVtMents ;imène des détails curieux (jui ont été signalés à plusieurs reprises : des frissons, des nausées et même des vomissements peuvent lormer partie intégrante de ces rôves et sont provoipiés par de certaines imaîres. Des mouvements de la bouche, des narines, des sourcils, des paupières accompagnent certaines hallucinations. La sensibilité ou l'insensibilité de la cornée, des mouvements mômes de la pu|)ille se produisent quand le sujet a telle on t<'lle hallucination, (juand il croit regarder tout près ou très loin'. Tout I organisme comme tout l'esprit semble prendre part à la sug-
gestion.
De cette association des images dans une suggestion complexe, résulte un phénomène extrêmement grave, c'est qu'il sulllt de faire naître d'une façon quelconque dans l'esprit du sujet un des termes de cette série pour qu'aussitôt tous les autres se produi sent régulièrement à la suite. Or, dans de pareilles suggestions complexes, soit qu'on l'ait voulu expressément, soit que cela résulte du hasard, entient souvent de véritables sensations (|ui font partie de la chaîne des phénomènes. Une douleur dans un membre, la sensation de choc est associée de cette façon avec l'idée de maladie, de fracture, d'impotence, et M. Charcot a mon tré, il y a quelques années, à une époque où tous ces phénomènes psychologifjues étaient bien moins connus qu'aujourd'hui, « que l'on peut produii'e des paralysies du bras chez les malades suggestibles, non j)lus cette fois au moyen d'une injonction, mais en faisant intervenir un agent analogue ii celui qui a déterminé la monoplégie aussi bien chez Porcz, que chez Pin, c'est-à-dire un simple choc sur l'épaule-. »
Si je dis à Marie (ju'elle verra un papillon traverser la chambre quand l'heure sonnera, ou ({u'elle verra un oiseau sur l'appui de la fenêtre : elle ne voit le papillon qu'au moment où l'heure sonne et n'aperçoit l'oiseau que sur l'appui de la fenêti'C et non ailleurs. Un mot cjui a été prononcé, un signe, un attouchement d'une partie du corps sont incoiporés dans l'ensemble de la suggestion. Et dorénavant, il suffira de provoquer volontairement ou involontairement cette même sensation pour que la suite de la suggestion se déroule quehjuefois au grand étonnement de l'opé-