I. Véré, Arrliiues de neiir'ilfKjie . 1H83, I, p
■j. Cliarcot, Maladies du système ncmcux, III, p. .HÔ'i.
prieur qui croit coiistalcr la manifestation d'une loi physiolofrique trrs extraoïdinaire. Si, au moment où vous faites naître dans l'esprit (l(>s ima<j;t's ûaies (jiii |)rovo(|ucnl le rire, vous pressez un point détcimiiic du corps, il va se prodtiire dans la suite un fait étrange, c'est (|ue le sujet se mettra à rire toutes les lois que l'on touchera le nu'^me point : il faut éviter d inventer à ce propos un point idéogène. Ces sensations (jui font partie d'une suggestion complexe et (|ui, par leur seule présence, en amènent tout le développement ont reçu un nom bien significatif. On les a ap|)elés/?o///As- de repère ci les suggestions où elles interviennent des sa i^^i^es fions à points de repère. Elles sont des plus importantes et p(Hir |)roduire et pour expli(|uer certains faits; il est, à mon avis, impossible de rien comprendre aux divers accidents de l'hystérie si on n'a pas constamment présente à l'esprit la pensée de ce phénomène. Je ne signale ici que des exemples empruntés aux suggestions artificielles. Voici une expérience bien connue qui s'explique de cette manière : on montre à un sujet un portrait imaginaire sur une carte en apparence toute blanche, et on confond ensuite cette carte avec plusieurs auties ; le sujet retrouve presque toujours le portrait sur la même carte (ju'on lui a montrée et dans la même position, c'est (ju'il reconnaît ^ans doute le papier ii quelques petits signes caractéristi([ues. En effet, le sujet se trompe dès que l'on choisit des papiers bien semblables et quand on évite de froisser celui ((u'on lui présente. MM. Binet et Féré, dans leurs expériences si originales de la lorgnette, du miroir, du prisme', ont montré (|ue si le point de repère varie dune manière (|uelconque, grandit, diminue, se dédouble, rhallucination aura exactement le même sort. Si on a montré à Lucie un serpent enroulé autour de la lampe, elle verra dans la glace un second serpent ainsi qu'une seconde lampe. J'ai rapporté ailleurs bien d'autres exemples de ce même phénomène, je ne les rappelle ici que pour montrer sa très grande importance pratique.
fx" Sn<Sij:estions <sénérales. — Je donne ce u(un à un dernier degré de complication de la suggestion. Les phénomènes psychologiques qui la composent deviennent si nombreux (ju'ils remplissent complètement l'esprit et le transforment entièrement.
I. Férc, Archives (le nciirolorjie. i8f<>., I. p. hq"). — Binot cl I-Vré, Le magnétisme^ animal, rSS-, p. it)7.
iOi ACCIDENTS MENTAL \ PliS HYS l'KIligUES
Un exemple tieiulia lieu de elescrlption : Marguciitc est iin(> jeune tille de vingt-trois ans qui est à la Salpt'^tiière depuis plus d'un an et qui, par conséquent, nous connaît tous très bien. Elle a eu une série d'accidents hystériques, contracture, œdème bleu, attaques qui l'ont rendue i'oi-t malade ; elle présente tous les stigmates de Ihvstérie, anesthésie tout à fait complète de tout le côté droit, anesthésie musculaire telle qu'elle est incapable de remuer son bras droit sans le voir et qu'elle le laisse dans des postures cataleptiques quand on le déplace à son insu, rétrécissement du champ visuel à 35 degrés, etc. Eh bien, je lui dis simplement, en insistant un peu sur ce simple mot : « Bonjoui', Margot ». Elle a une petite secousse et elle change de visage. Comme elle me regarde d'un air étonné, je lui demande ce qu'elle a et ce qui l'inquiète : « Mais, je ne vous connais pas, monsieur. — Comment, tu viens de me voir ce matin. — Mais non, ce matin j'étais en classe et j'ai fait mes devoirs. » Surpris de ces réponses, je l'examine plus attentivement et je m'aperçois qu'elle a complètement oublié la Salpêtrière, sa propre maladie, tout ce qu'elle a fait dans ses dernières années et que, au contraire, elle se souvient de son enfance avec une précision étonnante. Bien plus, je constate qu'elle n'a plus aucun stigmate hystérique : elle crie dès que je pince son bras droit, elle le remue sans le voir et ne garde plus les poses cataleptiques, elle a un champ visuel qui est devenu absolument normal. Que s'est-il donc passé? Il suffit de lui demander son âge: « J'ai huit ans », nous dit-elle. Tout s'explique, le mot « Margot » est le nom qu'on lui donnait à la pension quand elle avait l'âge de huit ans, et ce mot prononcé par nous a réveillé dans son esprit tout le système énorme de souvenirs, d'images et même de sensations auquel il était lié. Même la sensibilité tactile et musculaire du coté droit, qui semblait disparue de la conscience, mais qui existait latente, comme nous le savons, s'est réveillée, s'est rattachée ii la conscience personnelle pour reconstituer le système complet de Mai'got à huit ans à la pension. J'ai montré que l'on peut quehjuefois ramener ainsi les sujets à différents âges et constater tous les états divers de la sensibilité par lesquels ils ont passé, ainsi que les causes de toutes les modifications. M. Pitres' a très bien étudié un état de délire, qu'il appelle délire ecmnésique, dans lequel