‹ L'Etat moderne et ses fonctions (volume 2)Chapitre 2 sur 81 · PRÉ FACE · texte numérisé non relu

PRÉ FACE

DE l.A TROISIÈME ÉDITION.

Depuis la publication de la deuxième édition de cet ouv rage, neuTans se sont écoules. De nombreux travaux nous ont empeclié d'en faire paraître plus tôt une édition nouvelle, revue et fortifiée par un surcroît d'exemples et de preuves, suivant notre constante habitude.

L'expérience de ces neuf années a été, certes, démonstrative. Partout l'Etat moderne a étalé de plus en plus à la fois sa fragilité et sa présomption.

Deux conditions surtout constituent Tî^^tat moderne ; d'abord les hommes qui détiennent TÉtat, qui parlent et qui agissent en son nom, sortent de l'élection populaire, avec de brèves délégations de pouvoirs; ils sont censés ainsi représenter la volonté du peuple. En second lieu, par la disparition ou l'aifaiblissement de toutes les anciennes forces sociales organiques, Eglise, aristocratie, corps intermédiaires divers et traditionnels, l'Etat moderne se trouve investi, d'une façon complote en théorie et qui tend à devenir complôle en pratique, de la toute puissance; la toute puissance, voilà l'attribut principal de l'Etat moderne (1.) Or, chacun sait que la

(1) On verra plus loiaque l<a plupart des théoriciens allemands conteuiporains revendiquent pour i État la toute puissance^.

D'autre p<>rt un des psychologues sociaux les plus originaux et les plus pénétrniits, M. Tarde, dans sou ouvrage Les Titans f'ormalions du pouvoir (pa^^e 205 note), s'exprime ainsi :

A propos de la guerre des paysans, en Souabe (1525), M. Denis écrit

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