‹ L'Etat moderne et ses fonctions (volume 2)Chapitre 3 sur 81 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

touLe puissance est une cause liabiluelle d'infatuation.

Incohérent, irréfléchi, corruptible rnenie, démesurément ambitieux et intrusif, voilà l'Etat moderne tel que les faits nous Font montré.

Un journal anglais disait naguère à propos de cet ouvrage que, sous le nom d'Etat moderne, nous décrivions simplement le gouvernement français, et que nos observations et nos conclusions n'avaient pas d'application en dehors de notre territoire.

Quelle singulière erreur de jugement ! L'État moderne que nous avons décrit, ce n'est pas seulement la France, c'est l'Italie, c'est les Etats-Unis, c'est même la Suisse et l'Angleterre; ce sont aussi, sans parler de l'Amérique du Sud, les jeunes colonies de Victoria, de l'Australie Méridionale et de la Nouvelle- Zélande.

Dans toutes ces contrées et d'autres encore, qui réalisent les conditions de l'Etat moderne, on retrouve, à des degrés légèrement divers, les mômes faiblesses, sinon les mômes vices.

Il se peut que dans certains pays FEtat Moderne ait péché moins que dans d'autres contre la stricte honnêteté vulgaire.

Si les scandales des banques en Italie, ceux de certains votes de tarifs aux Etats-Unis ainsi que de l'admi-

dans Vlîisfoire générale : « En somme ces révoltés étaient des réactionnaires et ils poursuivaient la restauration d'un système vieilli : ce qui représentait le progrès et l'avenir à cette époque, c'étaient les princes qui travaillaient à dégager du moyen âge V Etat moderne. Or, qu'estce qui le caractérise, cet État moderne? Le même auteur nous le dit quelques pages plus loin. « Les princes, enrichis des dépouilles du clergé et maîtres delà conscience comme des biens de leurs sijjets, n'avaient en quelque sorte plus d'adversaires. Le champ s'ouvrait librement devant eux et ils pouvaient réaliser enfin leur idéal de gouvernement et créer de véritables Etals 7nodernes oiinidle volonté ne générait la Ittur et dont toutes les ressources seraient concentrées entre leurs yncdns. »

« Le caractère de l'État moderne, conclut M. Tarde, c'est sa toute puissance, c'est la suppression de ces entraves multiples et multiformes que l'Etat féodal avait dû subir. » Voir aussi plus loin (page 229j un mot très caractéristique de Roscher, le célèbre économiste allemand.

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