CHAPITRE II
MOTIFS DONT SE COUVRE L'INTERVENTION DE L'ÉTAT DANS LE RÉGIME DU TRAVAIL.
Les trois motifs qu'invoque rÉtat pour réglementer le travail, page 318.
— Manque de précision de ces trois motifs et applications indéfinies auxquelles ils peuvent se prêter, page 310. — Motif tiré du droit général de « police », page 310. — Motif tire du devoir de protéger « les faibles », page, 319. — Qui est c< faible »? page 319. — Ce mot peut être pris dans le sens naturel et étroit ou dans le sens étendu et figuré : inconvénients de cette seconde interprétation, page 319. — La faiblesse, au lieu d'être l'exception dans la société humaine, devient la règle, page 32o. — L'État se trouve ainsi conduit à substituer des contrats types, uniformes, officiels, à la variété des contrats libres, page 320.
Argument tiré de la perpétuité de la nation, dont l'État est Tunique représentant, page 32u. — Réglementation infinie à laquelle il peut aboutir, page 321-
Le sophisme consiste à prendre dans le sens figuré les mots de sécurité, commodité, faibles, etc., page 321.
lustalMlité législative qui résulte de cette conception variable, page 321.
— Exemples curieux de cette instabilité, page 321. — Excessive fécondité et frivole inconstance des législatures modernes, page 321.
L'intervention de l'Etat dans le régime du travail peut se couvrir de différents motifs, d'abord le droit et le devoir général de police dont l'Etat est investi et qui vont toujours en s'étendant; ensuite la mission qui incombe à l'État de protéger les faibles et les abandonnés contre l'oppession des forts et des puissants; enfin cette tâche particulière que l'État, en tant que représentant la perpétuité de la nation, peut seul remplir, qui a pour objet de ménager les forces nationales, d'empôcher les générations de s'abâtardir, même volontairement et consciemment.